"Lors d'un passage en Scop, le modèle économique ne doit pas tout résumer !" (4/10)
Propos recueillis par Pierre Cheminade
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Xavier Hollandts est professeur à Kedge BS à Bordeaux.
GCC
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Xavier Hollandts est professeur à Kedge BS à Bordeaux.
GCC
La Tribune : La Scop doit-elle être envisagée seulement pour une entreprise en difficulté ?
Xavier Hollandts : Non, absolument pas ! On pense souvent à tort que la Scop est la solution de la dernière chance, celle qu'on retient quand toutes les autres ont été épuisées, mais ce n'est pas vrai. La transmission d'une entreprise qui va bien à ses salariés par le biais d'une Scop est une solution parmi d'autres. Elle suppose une ouverture d'esprit de la part du dirigeant et qu'en face se trouvent des salariés ou un groupe de salariés motivés.
Quels sont les principaux à prendre en compte lors d'une transmission ou d'une transformation en Scop ?
Quel que soit le cas de figure, mais encore plus quand il s'agit d'une entreprise en souffrance, tout le monde a tendance à se concentrer sur le modèle économique de l'entreprise, sa rentabilité, ses perspectives de développement. C'est un point évidemment important mais se focaliser uniquement là-dessus est une erreur : lors d'un passage en Scop, le modèle économique ne doit pas tout résumer ! Le basculement s'accompagne d'une mutation profonde d'un statut de salarié à celui d'associé et de co-actionnaire de l'entreprise. C'est un changement qui n'est pas anodin, notamment sur le plan psychologique. Il y a un indispensable travail de pédagogie et de formation à mener parce que la Scop est une structure réputée démocratique et que cela implique un changement de culture d'entreprises et un basculement des relations hiérarchiques installées. Pour certains salariés ça se passe bien et l'évolution se fait assez vite mais pour d'autres c'est un changement perçu comme très profond et qui peut être source de stress. De ce point de vue, je pense que la Fédération et les Unions régionales doivent encore progresser dans l'accompagnement humain et psychologique.
Les difficultés peuvent notamment survenir sur le plan du management...
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Oui, lors de nos travaux, on a vraiment senti cette difficulté quand un salarié croit avoir son mot à dire sur tout et tout le temps alors que la réalité de la vie d'une Scop est plus nuancée. Il y a certes une structure et un management différents d'une entreprise classique mais, au quotidien, il persiste une hiérarchie et une direction à suivre. En revanche, lors de l'assemblée générale, on redevient associé coopératif et on a effectivement son mot à dire d'égal à égal. Le défaut d'accompagnement sur cet aspect peut entraîner de la confusion et des effets négatifs sur le fonctionnement de l'entreprise.
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