LA TRIBUNE - Quel est le bilan de la saison estivale pour les hôteliers et restaurateurs girondins ?
Laurent TOURNIER - La saison d'été a été globalement bonne. Je dis bien "globalement" car, si l'activité a été au rendez-vous sur la côte et également à la campagne, cela a été beaucoup plus compliqué pour les établissements du centre-ville de Bordeaux et de Bordeaux Métropole en général. Depuis la rentrée, le mois de septembre est très dynamique grâce à la météo très favorable, notamment pour les restaurants bénéficiant d'une terrasse élargie. En revanche, les établissements sans terrasse et ne disposant que d'une petite salle sont dans une situation beaucoup plus difficile. Et tout le monde craint maintenant le changement de météo avec l'arrivée de l'automne.
Laurent Tournier, président de l'Umih 33 (Crédits : Umih 33).
A ce stade, quelles sont les tendances constatées par les hôteliers et restaurateurs d'ici la fin de l'année ?
Il y a une grande inquiétude, tout particulièrement chez les hôteliers bordelais ! Sur la côte, la saison devrait s'achever plus tôt que d'habitude mais ce n'est pas dramatique. En revanche, à Bordeaux, certains hôtels, y compris de grands établissements, songent à fermer le rideau jusqu'à la levée des mesures sanitaires. Et on peut les comprendre : alors qu'ils sont en général à 80 ou 90 % de taux d'occupation en septembre, là ils se retrouvent à 15 ou 20 %, voire 30 % dans les moins pires des cas ! Il n'y a plus d'évènements, ni grand public, ni profesionnel [Lire ci-dessous], pas de touristes étrangers et moins de clients professionnels avec les nouvelles habitudes de télétravail qui ont un impact sur l'activité des hôtels mais aussi sur celle de la petite restauration de midi. Résultat, les carnets de commandes des hôtels bordelais sont vides jusqu'au mois de décembre... C'est extrêmement préoccupant ! Et tout cela a des conséquences en cascade pour les taxis, les traiteurs et tous les métiers qui dépendent directement de l'activité évènementielle. Pour tous ces métiers, ce n'est pas une fermeture administrative mais ça y ressemble. Et le plus inquiétant c'est qu'il n'y aucune aucune perspective d'avenir aujourd'hui. Pour toute une partie de la profession, c'est un peu la chronique d'un mort annoncée.