Elles sont soucieuses de l’environnement, prônent l’éco-responsabilité, la durabilité des produits et parfois la fabrication française. La Tribune est allée à la rencontre de jeunes entreprises bordelaises du secteur de la mode. Si la quête de sens est dans toutes les bouches, elles abattent leur cartes différemment. L’une d’elle, Asphalte, en forte croissance, embauche 30 personnes mais n’a pas opté pour le made in France. Décryptage.La création de leur entreprise dans le secteur de la mode est parfois née d'un déclic. Pour Odile Dalla Barba, fondatrice de la société But you're French à Bordeaux, en 2018, c'est l'effondrement du Rana Plaza, qui abritait des ateliers de confection au Bangladesh, qui a précipité sa reconversion. Heide Baumann, 55 ans, qui a toujours travaillé dans le textile, a quant à elle décidé de dire stop.
"J'ai vu toute l'activité textile partir en Asie un peu avant les années 2000 et à partir de là, le monde est devenu fou avec des prix en baisse, des soldes à n'en plus finir, de la surproduction. Le vêtement n'est pas un produit périssable", s'insurge Heide Baumann, co-fondatrice de la société Aatise en 2017 à Bordeaux qui propose des vêtements éco-responsables, fabriqués en France pour les hommes et les femmes.
Des entrepreneurs engagés
A l'image de But you're French et d'Aatise, plusieurs entreprises ont ainsi vu le jour à Bordeaux ces dernières années avec derrière leurs produits, la volonté de délivrer un message. De manière générale, en rejetant l'industrie du textile de masse, elles s'engagent à proposer des produits de qualité, qui durent, indémodables, éventuellement unisexes et respectueux de l'environnement, certains travaillant à favoriser l'économie circulaire. A chacun son message et sa communication associée.
Valentin Finez qui a lancé la marque de prêt-à-porter en coton bio et eco-responsable Askip donne un sachet de graine à chaque commande pour recréer de la biodiversité. Geoffrey Delpy avec S Bordeaux, marque de sous-vêtements créée pendant le premier confinement, a également mis en place un programme environnemental qui prévoit de planter des arbres au bout de 100 kilos de sous-vêtements vendus pour sensibiliser ses équipes et ses clients et participer à la compensation des émissions carbone en protégeant les forêts. Il a aussi banni le plastique de la marque au profit d'emballages compostables à base de maïs. "Ce n'est pas compliqué, il suffit de le vouloir. Toute entreprise pourrait porter de l'attention à l'environnement à travers sa marque", explique Geoffrey Delpy, qui en revanche ne cherche pas à se positionner sur le made in France.