LA TRIBUNE - Quel est votre regard sur le marché de l'immobilier commercial basque ?
Sophie DEMANGE - Le marché est très actif, car l'activité économique dans l'agglomération reste forte malgré le Covid. La demande est par conséquent restée importante, plus que dans d'autres agglomérations. Toutefois, le marché est aussi tendu et les prix élevés, car l'offre est, selon le type de local recherché, insuffisante ou inadaptée. Si l'activité dans le segment des bureaux est relativement fluide car l'offre n'a cessé de s'élargir grâce à des programmes neufs -et la demande n'a dans notre région pas été modifiée par le télétravail-, il y a en revanche un véritable manque de locaux d'activité et d'entrepôts pour les artisans et industriels !
Les derniers agrandissements réalisés dans la zone d'activité de Maignan, en 2019, à Anglet et celui, en cours, à Villefranque, ont eu un énorme succès et les locaux sont déjà saturés. Par ailleurs, de nombreux chefs d'entreprises souhaitent, dans cet environnement de taux bas, acheter des locaux, pour se constituer un patrimoine pour la retraite, mais ils ne trouvent que des biens à la location. Et enfin, de nombreux biens ne trouvent pas preneurs car ils n'ont pas été suffisamment entretenus.
Est-ce que vous avez le sentiment que la situation s'empire ?
Je suis le marché depuis onze ans et la situation ne s'est effectivement pas améliorée ! Surtout pour les industriels sans doute, qui souhaitent s'installer ou s'agrandir, car plusieurs zones industrielles sont devenues ces dernières années des zones commerciales. Le manque de locaux motive de plus en plus d'entreprises à trouver des compromis et à séparer leurs bureaux et leurs espaces de stockage. Mais elles sont aussi plus nombreuses à quitter le Pays basque et se tourner notamment vers Les Landes où le foncier est plus abondant et les prix sont moins élevés.