« Ce sont les deeptech qui tireront la croissance économique de demain ! » (Laure Ait Ali, Inria)
Propos recueillis par Pierre Cheminade
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Laure Ait-Ali
Inria / Photo G. Scagnelli
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Laure Ait-Ali
Inria / Photo G. Scagnelli
LA TRIBUNE - Pourquoi l'Inria s'intéresse de près à la création de startups ?
Laure AIT ALI - En réalité ce n'est pas une nouveauté ! L'Inria a été créé il y a 50 ans sous la double tutelle du ministère de la Recherche et de celui de l'Industrie marquant, dès son origine, cette mission de valorisation technologique et de recherche d'impact économique. 170 startups ont ainsi été créées en France depuis 1977 grâce à différents dispositifs d'accompagnement et d'amorçage qui ont évolué au fil des ans. Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est que les innovations qui tireront demain la croissance économique ce sont les technologiques industrielles de rupture, ce qu'on appelle les deeptech. L'autre phénomène marquant c'est qu'aujourd'hui le numérique est absolument partout, dans toutes les domaines applicatifs de la société : la santé, l'environnement, l'énergie, le développement durable. Ces deux constats nous amènent à considérer qu'il nous faut encore accélérer dans le transfert de nos technologies vers le marché ! D'où la réinternalisation de cette mission dans le startup studio Inria.
Est-ce qu'il y a parallèlement une appétence croissante de vos chercheurs et doctorants pour la création d'entreprise ?
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Culturellement, d'une manière générale, je pense que les jeunes générations y sont en effet plus sensibles mais ce n'est pas non plus un contraste flagrant avec leurs prédécesseurs qui créaient déjà des entreprises dans les années 1980 ! On constate cependant un intérêt plus marqué pour les enjeux liés à l'environnement. Mais ce qui a changé avec le numérique c'est que cela suppose d'aller explorer d'autres domaines que la R&D et le produit. Il faut désormais s'intéresser à l'expérience utilisateur, au marketing, au financement et à la confrontation au marché. Le tout avec des technologies logicielles, plus volatiles et adaptables, qui sont directement liées au savoir-faire de leurs développeurs. Concrètement, pour sortir du labo, on sera donc moins dans une logique de pur transfert de technologie à une entreprise tierce parce que l'utilisation même de cette technologie est bien souvent conditionnée par la présence des personnes et des compétences capables de faire tourner et évoluer ce logiciel. D'où la logique de création de startups qui reste, à mon sens, la meilleure façon de faire bénéficier la société des innovations développées au sein d'Inria.
Propos recueillis par Pierre Cheminade