Thomas Batigne, président de Lynxter, est encore bouleversé par l'exploit : il vient d'obtenir le feu vert auprès de la Communauté d'agglomération du Pays basque (CAPB) - qui ne souhaitait pas voir partir la startup dans la commune landaise Saint-Martin-de-Seignanx - pour la construction de sa première usine, en plein technocentre de Bayonne. Le fondateur de ce fabricant d'imprimantes 3D, créé avec Karim Sinno et Julien Duhalde, ne pouvait rêver meilleur endroit : c'est là que se trouvent Compositadour (matériaux composites) et Addimadour (impression 3D). Créées respectivement en 2010 et 2017 par l'Estia (école d'ingénieurs) et la CCI Bayonne Pays basque - sur les dix hectares, à l'entrée de Bayonne proche de l'autoroute A63, où se trouvait une usine Sony - ces deux plateformes de recherche forment un écosystème très riche. Plusieurs startups industrielles sont en train d'y éclore, notamment Lynxter et Adaxis dans l'impression 3D (appelée fabrication additive dans l'industrie), mais aussi l'agence de design industriel Outercraft.
"Nous sommes à l'étroit dans nos locaux actuels, surtout pour l'assemblage de nos imprimantes avec des pièces essentiellement de fabrication française. Dans notre usine, d'une taille de 3.500 m2 pour un investissement de six millions d'euros, nous prévoyons d'être 40 à 50 dès 2023, soit le double",explique Thomas Batigne, en déambulant dans l'atelier loué dans l'hôtel d'entreprises, également situé dans le technocentre et géré par la CAPB.
Lynxter a connu une croissance fulgurante, "110% en moyenne par an", depuis la signature de son premier contrat avec Airbus en 2016. Sa marque de fabrique, c'est la polyvalence de ses imprimantes (prix moyen 45.000 euros), dont on peut changer les têtes d'impression pour utiliser différentes matières (silicone, céramique, composites...). Elles peuvent servir aussi bien pour de la fabrication de pièces en urgence que pour la customisation ou le développement de nouveaux produits.