Le grand calme avant le retour de la foule ? Dans les rues d'Angoulême début mars, les affiches du festival international de la bande dessinée 2022 (FIBD) flottent à la brise hivernale au-dessus des rues peu fréquentées. La ville à l'habitude d'une manifestation au mois de janvier, mais le Covid-19 a obligé le report aux lueurs du printemps. Il n'y a que sur la place du marché couvert, dans les hauteurs de la ville, que l'agitation se fait entendre autour d'un râle métallique. Les ouvriers installent l'un des chapiteaux qui doit recevoir les rendez-vous de la 49e édition du 17 au 20 mars. Malgré le bruit, la déclaration d'une autrice s'entend sans détour : "On est l'équivalent des vaches du salon de l'agriculture !"
La fondatrice de l'Association des auteurs de bande dessinée (AdABD), Nathalie Ferlut, comme nombre de ses consœurs et confrères, l'a mauvaise. Et ça ne date pas d'hier. Dans les festivals, à Angoulême ou ailleurs, les professionnels de la bande dessinée rencontrent le public et, surtout, dédicacent leurs productions avec des dessins croqués sur l'instant. Un vrai travail à la chaîne pour les auteurs qui en ressortent épuisés. Et surtout sans aucune rémunération. "Vous venez faire de la représentation commerciale qui va alimenter toute la chaîne jusqu'à l'éditeur", décrypte Sébastien Cornuaud, délégué général de l'association.