Feux de forêts en Gironde : plus de 14.300 hectares brûlés et les moyens aériens en question
Pierre Cheminade, avec AFP

Plus de 14.000 hectares avaient déjà brûlé en Gironde lundi 18 juillet au matin.
Sdis33
Pierre Cheminade, avec AFP

Plus de 14.000 hectares avaient déjà brûlé en Gironde lundi 18 juillet au matin.
Sdis33
Plus de 14.300 hectares de forêt et de végétation ont d'ores-et-déjà été détruits par les flammes à Landiras (10.000 hectares) et La Teste-de-Buch (4.300 hectares) et plus de 16.000 personnes, vacanciers et habitants, ont été évacués, selon le dernier bilan de la préfecture de Gironde lundi 18 juillet à 12h30. Alors que les deux feux de forêts brûlent dans le sud de la Gironde depuis bientôt une semaine, les 1.700 soldats du feu font face à une situation particulièrement défavorable ce lundi avec le pic de cette 45e vague de chaleur recensée en France depuis 1947 qui cumule un air extrêmement sec, des températures dépassant les 42 degrés et des vents incertains. Symptôme supplémentaire du réchauffement climatique : tout le département de la Gironde est placé en "vigilance rouge feux de forêts" ainsi qu'en "vigilance rouge canicule extrême" jusqu'au mardi 19 juillet à 6h. Résultat : "La situation n'est pas fixée et le feu a progressé dans la nuit" de dimanche à lundi.
Les pompiers au sol pourront compter sur un soutien aérien renforcé avec trois nouveaux appareils déployés ce lundi en plus des six avions déjà à l'œuvre, soit un total de six Canadair et trois avions Dash.
Alors que ces deux incendies restent incontrôlables malgré les importants moyens déployés, l'arrivée de pompiers venus de toute la France et un soutien européen, les élus locaux s'interrogent sur l'absence de moyens aériens basés en Gironde ou dans les Landes, au cœur d'un massif forestier aussi vaste qu'inflammable. Aucun appareil n'est en effet basé à Mérignac ni même dans la région, la flotte de douze Canadair de la Sécurité civile étant basée à Nîmes-Garons (Gard), 500 km à l'Est.

Les incendies restent incontrôlables en Gironde (crédits : Sdis33).
Le massif forestier des Landes "est inévitablement un lieu de sinistre potentiel donc il faut absolument avoir des Canadair à proximité", alerte Jean-Luc Gleyze, président du Département de la Gironde et du Sdis 33 (service départemental d'incendie et de secours), au micro de RTL. L'élu du Sud-Gironde plaide pour une approche européenne au regard des enjeux :
Une demande formulée de longue date par les élus du Sud-Ouest mais qui n'a jamais été retenue à Paris, que ce soit par les gouvernements successifs ou par des missions d'informations parlementaires. "En raison du plus grand risque présenté par le massif landais au printemps, la nécessité de pouvoir intervenir rapidement sur feu nécessite, pour que la mise en œuvre de moyens aériens sur la zone soit optimisée, un prépositionnement à Mérignac. La DDSC [direction de la défense et de la sécurité civile] n'est pas favorable à cette éventualité. Elle met en exergue le gain de temps, dans les délais d'intervention, apporté par le Dash qui pourrait se rendre sur ces lieux en une heure depuis la base de Marignane", écrivait ainsi une mission du Sénat en 2006. Le tout sur fond de désaccord financier persistant entre le Département de la Gironde et l'État sur les règles de financement du Sdis. Un accord provisoire ayant finalement été conclu en 2019.
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La demande de baser des Canadair dans la région est soutenue par le maire de Bordeaux, des parlementaires girondins ou encore Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui propose même de porter ou de participer à un programme aéronautique dédié :
L'inquiétude pointe aussi du côté des pilotes de Canadair. Dimanche, un syndicat de pilotes de l'aviation civile avait demandé plus d'avions et de personnel disponibles: "À l'heure où je vous parle, on n'a pas les avions qu'on devrait avoir", avait affirmé à l'AFP Christophe Govillot. Pour le porte-parole du Syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civil (SNPNAC), les mécaniciens ne sont "pas assez nombreux pour faire tous les dépannages, il n'y a pas suffisamment de pièces détachées" et le prestataire privé responsable de la maintenance, Sabena Technics, "n'est pas à la hauteur".
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Parallèlement, alors qu'une poignée de restaurants ont déjà été détruits par les flammes à Cazaux, la CCI Bordeaux Gironde annonce réactiver son dispositif de crise pour les entreprises touchées par les incendies (05 56 79 5000 ou [email protected]).
Pierre Cheminade, avec AFP