Le procédé, breveté, a été baptisé « Hydroforce ». L'idée est d'utiliser la pression d'une canalisation d'eau en provenance d'Éthiopie pour produire de l'électricité à Djibouti via une pompe fonctionnant en mode turbine installée sur la conduite. « Djibouti est un petit pays situé dans la Corne de l'Afrique, très sec et très aride », détaille Benoît Poinsot, PDG de SOC. « Une grande majorité de ses besoins est couverte par des transferts d'eau potable qui viennent d'Éthiopie. Aujourd'hui, la forte pression à l'intérieur des conduites est perdue bêtement, c'est ce qu'on appelle de l'énergie fatale. » La SOC va donc installer une unité de turbinage sur la canalisation principale pour produire de l'électricité.
La particularité du projet est que les pompes tourneront à l'envers, ce qui offre l'avantage d'ajuster la production d'énergie. « L'électricité produite va alimenter une usine voisine qui va fabriquer du chlore grâce à un système d'électrolyse à partir de sel », précise Benoît Poinsot. « Cela permettra d'assurer la qualité du réseau d'eau potable. Jusqu'à présent ce chlore était importé. » La production sera de l'ordre de 150 kilowatts/heure et couvrira la totalité des besoins en énergie de l'usine, qui devrait sortir de terre en même temps que l'installation réalisée par SOC. L'entreprise de Saint-Médard-en-Jalles a reçu 500.000 euros de la part du ministère de l'Économie et des Finances, pour un coût total du projet de 650.000 euros environ.