Encadrement des loyers : défaits au Conseil d'Etat, des propriétaires bordelais continuent à ferrailler

Pierre Cheminade
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Agence APPA

Pierre Cheminade
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Agence APPA
Les recours des propriétaires immobiliers devant les juridictions administratives avaient été déposés simultanément à Bordeaux, Lyon et Montpellier à l'automne 2021 pour contester, avant même son application, l'encadrement des loyers dans ces trois villes. Mais dans trois décisions rendues le 25 mai dernier, le Conseil d'Etat a rejeté ces trois requêtes, validant de fait ce dispositif entré en vigueur à Bordeaux le 15 juillet 2022.
Dans sa décision relative à Bordeaux, le Conseil d'Etat rejette la requête de la Chambre des propriétaires de Bordeaux qui contestait la légalité du décret n° 2021-1145 du 2 septembre 2021 fixant le périmètre de l'encadrement des loyers à Bordeaux Métropole. Ce dernier ne concerne que la ville de Bordeaux qui a été découpée en quatre zones avec des loyers de référence oscillant, par exemple, entre 11 €/m2 et 13,60 €/m2 pour un T2 de 30 m2 construit entre 1946 et 1970. Loyer qui peut être majoré jusqu'à 16,30 €/m2 dans le centre-ville (zone 1) pour des biens pouvant justifier d'un caractère particulier.
À lire également
Après avoir écarté les motifs soulevés sur la forme, le juge administratif souligne, sur le fond, que « le niveau du loyer médian de Bordeaux, de 12,5 euros par mètre carré, contre 11,5 euros par mètre carré sur l'ensemble de l'agglomération, est élevé. » Il considère également que le fait de « fixer des loyers de référence qui seront susceptibles de limiter l'exercice du droit de propriété [...] présente un rapport raisonnable de proportionnalité avec l'exigence d'intérêt général qu'elle poursuit. » D'autant que le rythme de la construction de logements neuf est notoirement insuffisant pour répondre à la croissance démographique. Le requérant est également condamné à verser 3.000 euros à Bordeaux Métropole au titre des frais engagés.
Pierre Cheminade