À Bordeaux, le marché immobilier plie mais ne rompt pas et continue à tirer à la hausse les prix dans la métropole et dans toute la Gironde, selon le bilan 2022 de la Chambre des notaires. L'année 2023 s'annonce plus perturbée mais pourra encore s'appuyer sur de solides fondamentaux. Du côté du neuf en revanche, la chute des nouveaux projets est vertigineuse.En matière d'immobilier il y a tous les bruits qui courent autour des capacités financières des acheteurs, des attentes des vendeurs, des taux et conditions de crédit et des stratégies des agents immobiliers. Et puis il y a la réalité des prix des transactions effectivement signées devant les notaires. Et ces données sur l'année 2022 (*), présentées par la Chambre des notaires de Gironde ce 24 février, écartent encore une fois le scénario d'un retournement du marché ou même d'une légère baisse tant la quasi-totalité des indicateurs restent positifs.
«Les prix ont globalement continué à augmenter en 2022 en Gironde qui reste en tête des départements les plus chers. Le prix au m2 médian des appartements anciens a augmenté de +2,8 %, celui des appartements neufs de +2,3 % et celui des maisons de +6,4%. De son côté, Bordeaux reste comme en 2021 au 2e rang des grandes villes françaises les plus chères derrière Lyon», synthétise ainsi Me Matthieu Vincens de Tapol, le président de la Chambre.
Signe d'un retour du marché à une situation plus raisonnable, après un prix au m2 qui a gagné en Gironde 1.000 euros en dix ans dans l'ancien comme dans le neuf, le volume des ventes a ralenti l'an dernier. Avec 32.000 transactions dans l'ancien en Gironde, l'année 2022 est en repli de -4,3 % par rapport au record enregistré en 2021 mais reste à un niveau supérieur à ceux de 2017, 2018 et 2019. Le nombre de ventes de maisons anciennes, qui pèse la moitié du total, a chuté de -8,4 % tandis que les cessions d'appartements anciens et neufs restent dynamiques.
À Bordeaux, le marché plie mais ne rompt pas
L'heure n'est donc clairement pas au retournement en Gironde même si son principal moteur, le marché bordelais, a désormais atteint une forme de plafond et confirme être en phase de stabilisation après des années de flambée. Les biens y restent plus longtemps sur le marché et sont davantage scrutés et négociés grâce à un rééquilibrage du rapport de force entre vendeurs et acquéreurs, au profit de ces derniers. En clair, tous les biens ne partent plus à n'importe quel prix et les défauts sont davantage pénalisants pour les vendeurs.