Rafale, routes, impression 3D : les usages inattendus de la porcelaine
Corinne Mérigaud, à Limoges
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À Limoges, des routes ont été recouverts d'un enrobé contenant 30 % de déchets de céramique.
Colas
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À Limoges, des routes ont été recouverts d'un enrobé contenant 30 % de déchets de céramique.
Colas
A Limoges, on roule sur la porcelaine sans la casser. Les porcelainiers n'ayant pas d'alternative pour leurs déchets que la mise en décharge, l'idée de les valoriser a pris forme en partenariat avec la société Colas. « Le but était d'incorporer des agrégats de porcelaine dans de l'enrobé à chaud, il a fallu six mois pour trouver la formule avec 30 % de déchets », indique Stéphane Heyraud, directeur de la voirie à Limoges Métropole. Des chantiers expérimentaux ont été menés sur voies piétonnes, à faible circulation automobile et à fort trafic poids lourd. « Il fallait tester la résistance mécanique car les fragments n'apparaissent en surface que 3 à 6 mois après à cause des UV et des précipitations. »
Un kilomètre a ainsi été réalisé sur des zones à 30 km/h, des plateaux surélevés et des allées piétonnes en incorporant 50 kg/m². « 250 à 300 tonnes de déchets ont été recyclés et on a économisé la ressource en granulats de carrières locales », ajoute-t-il. Le dernier tronçon de 180 m rue Jean-Jaurès date d'octobre 2024. Cette innovation non brevetée n'a pas encore intéressée d'autres collectivités mais la ressource est de toute façon limitée.
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La céramique prend aussi de la hauteur à bord du Rafale. Depuis 18 mois, des bougies en céramique semi-conductrice sont produites au Centre de transfert de technologies céramiques (CTTC), à Limoges, sur une ligne pilote à la demande du groupe lyonnais Gérard Perrier Industrie. Des bougies qui feront décoller les Rafale, les Mirage, les Airbus A320 et A350, des hélicoptères et avions d'affaires. La fabrication, sous-traitée au Danemark, sera bientôt industrialisée dans l'usine de 3.000 m2 de sa filiale Aeva-Aece Group à Saint-Yrieix-sur-Charente (Charente) en construction depuis deux mois. « Sans le CTTC, c'était quasiment impossible de maîtriser le process céramique assure. Grâce ) cela, on va regagner en souveraineté industrielle », se réjouit François Perrier, président du groupe.
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