Le club basque de rugby lève 1,2 million d'euros pour pouvoir agrandir la capacité d'accueil de son stade. Réélu pour quatre ans, le président de l'Aviron Bayonnais, Philippe Tayeb, poursuit sa stratégie de diversification économique pour répondre durablement aux exigences sportives du Top 14.Qui dit ambition dit moyens. Le président de l'Aviron Bayonnais Philippe Tayeb, qui a été réélu ce lundi 23 décembre pour quatre ans, prend ce proverbe au pied de la lettre depuis sa prise de poste en avril 2018. « Le club sortait alors d'une période mouvementée sur le plan sportif et économique. Nous avons consolidé tout d'abord les fondations, en renforçant notamment notre actionnariat local, composé de 180 actionnaires », retrace-t-il, assis dans son bureau attenant au stade Jean Dauger. Parmi les plus importants, on compte plusieurs entreprises basques dont les représentants -Romain Ripert du groupe automobile Clim, Mikel Charitton du fabricant aéronautique Lauak ou encore Alain Etchart du groupe éponyme de bâtiment - siègent au conseil d'administration.
« Transformer le club en véritable entreprise »
« Notre vision partagée est de transformer le club en véritable entreprise, spécialisée dans le spectacle. La création d'un comité exécutif, puis d'un comité directeur et un conseil de surveillance en 2020 a été un moment fort », expose Philippe Tayeb, en repassant en revue les jalons du premier plan stratégique, AB Etxea (« maison » en basque), suivi, en 2023, par l'actuel, prénommé « Envol 2027 ».
« Nous avons depuis également mis en place un comité de mission puisque nous sommes le premier club professionnel à avoir adopté le statut d'entreprise à mission fin 2021. Nous avons créé notre fonds de dotation en 2018 et sommes aussi le seul à avoir adhéré au pacte mondial de l'ONU », complète Alexandre Aubert, le directeur général, énumérant les principales réalisations extra-financières du club, qui compte bien continuer à cultiver « sa singularité ».
Défis économiques
En réorientant les moyens financiers et humains du club, qui compte aujourd'hui 120 salariés, la progression sur le plan sportif est indéniable en six ans. Les bleus et blancs ont remporté à deux reprises la Pro D2, en 2019 et 2022, et font désormais partie des premiers clubs du Top 14, le championnat phare de rugby actuellement dominé par l'Union Bordeaux-Bègles et le Stade toulousain. Sur le plan économique aussi, le président de l'Aviron Bayonnais, peut être fier du chemin parcouru : de 10,5 millions d'euros en 2018, les revenus sont passés à 34 millions d'euros cette année, avec les filiales. « Surtout, nous affichons, pour la quatrième fois en six ans, un résultat positif, de 245 000 euros. Et ce malgré les défis économiques auquel le rugby professionnel est confronté, même si l'engouement pour notre sport est important depuis la Coupe du Monde de rugby l'an dernier et le succès olympique de l'équipe de rugby à sept cet été », souligne Philippe Tayeb.
Annelot Huijgen, à Bayonne