Actuellement 12e du championnat de National 2, la 4e division du football tricolore, avec deux matchs de retard, les Girondins de Bordeaux bataillent paradoxalement moins sur le plan sportif que sur le plan économique et financier. Rétrogradé et placé en redressement judiciaire cet été, le club avait obtenu, le 1er septembre, l'accord du tribunal de commerce pour poursuivre cette procédure jusqu'au 25 janvier 2025. Une décision conciliante confirmée lors d'une audience de suivi le 29 octobre dernier, à laquelle Gérard Lopez, le président et propriétaire du club n'a pas assisté. Le tribunal a estimé que les recettes de billetterie, tirées des matchs joués au Matmut Atlantique, ainsi que l'intéressement perçu sur la vente de certains joueurs et un apport de 1,5 million d'euros de Gérard Lopez ont permis d'apporter des garanties financières jugées suffisantes pour le moment.
Y compris pour financer le plan social qui concerne au moins 82 salariés et dont le coût, estimé entre sept et huit millions d'euros par l'AFP et France Bleu Gironde, ne sera pris en charge que partiellement par le régime de garantie des salaires. « Les lettres de licenciement ont été adressées aux salariés hier et avant-hier pour la plupart. C'est un plan de sauvegarde de l'emploi qui se contente strictement du minimum légal, il n'y a aucune disposition supplémentaire », commente-t-on du côté du CSE (comité social et économique) des Girondins. « L'instance qui représente les salariés dépeint une déception absolue et un crève-cœur pour des gens qui se sont battus pour le club depuis parfois plus de 20 ans et qui ont toujours été méprisés par Gérard Lopez avec, aujourd'hui, peu de perspectives de retrouver un emploi rapidement dans le sport professionnel. »