Alors que le Grand Port Maritime de Bordeaux élabore actuellement son projet stratégique à 2030, une mission prospective est lancée en parallèle sur son avenir et sa diversification à l'horizon 2040-2050. Trois experts rendront leurs conclusions en octobre.« Il ne s'agit pas de dire que le port n'a pas d'imagination ou d'ambition pour élaborer son plan stratégique ! », insiste Christine Bost, la présidente de Bordeaux Métropole. Encore moins « d'une mise sous tutelle », promet Etienne Guyot, le préfet de la région. Mais, à son initiative, une mission prospective sur l'avenir du Port de Bordeaux à l'horizon 2040-2050 vient d'être lancée pour dessiner les grandes lignes d'une reconnexion de cette infrastructure clé à son territoire.
« C'est une très bonne chose que le projet stratégique du Grand Port Maritime de Bordeaux soit en cours d'élaboration. Nous nous appuierons dessus mais, dans la mesure où nous irons consulter beaucoup plus largement, d'autres idées pourront émerger », explique Catherine Rivoallon Pustoc'h, inspectrice générale de l'environnement et du développement durable et ex-présidente du Port de Paris. Elle fait partie des trois experts mandatés dans le cadre de cette mission. Le trio, également composé de Jean-Marc Lacave, ex-directeur du Port du Havre et ex-délégué général d'Armateurs de France, et de Simon du Moulin de Labarthète, directeur de l'A'Urba, l'agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine, brassera large.
Des enjeux fonciers considérables
Le trafic est à la peine depuis des années malgré un sursaut de +1,4 % en 2024, mais « il n'y a pas que le trafic. Il y a aussi toute la valeur que l'on peut dégager », insiste Etienne Guyot. Le port dispose en effet d'emprises foncières sans équivalent en Gironde. Il possède un domaine de 2.500 hectares le long de l'estuaire de la Gironde dont 1 000 hectares de zones humides à préserver et 500 hectares fléchés vers des implantations logistiques et industrielles sur lesquels plusieurs gros projets d'envergure sont déjà envisagés.