L'accord avec la Chine consacre le cognac comme spiritueux de luxe

Maxime Giraudeau
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Photo d'illustration
Yohan Bonnet

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Après un an et demi d'apnée, il est temps de respirer un peu : cognac et armagnac vont pouvoir reprendre leurs affaires en Chine. Ciblés par une longue enquête antidumping de Pékin en réponse à la même procédure menée par l'Union européenne sur les véhicules électriques chinois, les spiritueux français sortent finalement de l'affaire par le haut. En vertu d'un accord conclu avec le ministère chinois du Commerce, les maisons vont augmenter leurs prix de vente dans le pays, d'environ 10 à 15 %. Et ce, afin d'éviter des droits de douane drastiques de 32 % en moyenne.
En effet, Pékin soupçonnait la filière de fomenter une stratégie anticoncurrentielle visant à vendre à perte son alcool en Chine, nuisant ainsi à la compétitivité des boissons locales comme le baïju. Cognac comme armagnac se sont toujours défendus de pratiquer des prix au rabais mais les quantités pléthoriques d'informations transmises aux autorités chinoises comme les efforts diplomatiques de la France n'auront pas suffit à convaincre les enquêteurs.
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En proposant cette porte de sortie sur les prix minimums, Pékin recule et reconnaît, en quelque sorte, qu'il n'existe pas de pratiques anticoncurrentielles. « Ils sont dans l'incapacité de montrer qu'il y a des prix subventionnés, donc s'ils appliquaient des taxes douanières, l'OMC pourrait les sanctionner », explique Jean-Marc Figuet, professeur d'économie. L'Empire du Milieu reste tout de même gagnant de cette majoration : « En négociant des prix supérieurs à l'entrée, ils excluent le cognac bas-de-gamme. Sur cette part de marché, les consommateurs chinois vont donc plutôt se reporter sur l'eau-de-vie locale », décrypte le chercheur.
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