Coup de théâtre, Airbus redirige son école de pilotes civils vers le secteur militaire

Maxime Giraudeau
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Des élèves de l'école d'Airbus à Champniers dans un simulateur de vol.
Agence APPA

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Des élèves de l'école d'Airbus à Champniers dans un simulateur de vol.
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Face au développement du transport aérien et à la compétition accrue, le secteur aérien doit former et recruter en masse des forces vives, de son industrie jusqu'aux cockpits des avions. Pour les compagnies et le transport passager, le besoin en main-d'œuvre qualifiée est même devenu existentiel. Aussi, l'annonce d'Airbus il y a quelques jours est à contre-courant de cette donne commerciale.
Dans un communiqué, issu d'une information révélée par le média Charente Libre la semaine dernière, l'Airbus Flight Academy Europe évoque une « réorientation stratégique ». « Dans un contexte de réarmement ambitieux en France et en Europe, [...] notre école de formation de pilotes à Angoulême se recentrera progressivement sur la formation initiale des pilotes militaires, au bénéfice des forces françaises et partenaires étrangers », écrit la société qui fait partie de la division Defence and Space.
Les derniers apprentis pilotes seront formés jusqu'en 2026. Ensuite, plus aucun cadet ne sortira de l'école basée à Champniers, à quelques kilomètres d'Angoulême en Charente. Un campus d'envergure européenne lancé en 2019 sur un aéroport en déshérence qui est parvenu à former jusqu'à 80 pilotes par an. Inauguré en 2022 en présence des élus, le centre de formation était le seul du genre pour Airbus en Europe. Il a notamment accueilli pendant un temps la jeune garde d'Air France.
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Les appels du pied du secteur de la défense et les tentatives de mise en place d'une économie de guerre au niveau français ont été trop alléchants pour la société. Mais l'attraction du secteur militaire n'explique pas tout : l'école était déficitaire depuis sa création, bien que la société qui la gérait, officiant également dans la maintenance aéronautique, enregistrait des résultats positifs (1,8 million d'euros de bénéfice en 2023). L'arrivée d'un nouveau dirigeant l'an dernier aurait par ailleurs hautement contribué à ce virage stratégique.
Maxime Giraudeau