Immobilier d'entreprise (OIEB) : gros coup de mou sur le marché du bureau à Bordeaux
Jean-Philippe Déjean
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Malgré les difficultés le tertiaire bordelais devrait rester dynamique car il s'appuie sur une économie métropolitaine diversifiée estime le patron de l'OIEB.
Agence Appa
Les chiffres de l'Observatoire de l'immobilier d'entreprise de Bordeaux Métropole (OIEB) sont sans appel : au 1er trimestre 2020, le marché du bureau bordelais a complètement décroché alors qu'il tutoyait les sommets en 2019. La faute à la pandémie de coronavirus ? Pas sûr. Simon de Marchi, président de l'OIEB, démêle pour La Tribune les fils de cette intrigue.
Le mauvais résultat de ce 1e trimestre 2020 pourrait faire penser que le marché bordelais du bureau a été mis à genoux par la pandémie de coronavirus. Parce qu'avec 19.800 m2 échangés par le biais de 63 transactions au cours de ce trimestre, le marché, qui ne cessait de battre des records à la hausse depuis 2017, avec un plus haut à 200.000 m2 de bureaux échangés pendant l'année 2019, semble parti pour s'écrouler en 2020.
Pour ne prendre que deux exemples, il s'était échangé 31.200 m2 de bureaux au cours du 1e trimestre 2018 et 34.200 m2 en 2019... Pour faire court, le marché du bureau a plongé de -40 % entre janvier et mars par rapport au 1e trimestre de l'année dernière ! Le coronavirus n'est peut-être pourtant pas le super coupable anti-croissance que l'on pourrait croire.
"Ce premier trimestre 2020 est complètement poussif et le coronavirus n'y est pour presque rien ! L'effet de la pandémie nous le verrons vraiment au cours des deuxième et troisième trimestres. Il se trouve que le marché a enregistré un grand nombre de transactions au quatrième trimestre 2019 et que ça s'est calmé. Il y a eu un peu de Covid-19 dans ce premier trimestre 2020, mais très peu. C'est la subtilité de la situation", éclaire pour La Tribune Simon de Marchi, président de l'Observatoire de l'immobilier d'entreprise de Bordeaux Métropole (OIEB) et directeur de programme à Altae.
Un marché surtout animé par les TPE et les PME
Le recul du marché est principalement dû à la baisse de la demande placée dans le neuf. Et il n'y pas grand-chose de positif a attendre pour le reste de l'année.
"Avec la catastrophe du Covid-19 ce ne sera pas une très bonne année. Mais le marché bordelais de l'immobilier d'entreprise a maintenu une forte dynamique pendant quatre ans et il n'y a pas de raison que cette courbe s'inverse. Bien sûr les 200.000 m2 de surfaces de bureaux échangées en 2019 à Bordeaux Métropole, c'est énorme", concède Simon de Marchi.
Simon de Marchi, président de l'OIEB (Crédits : Agence Appa)
Simon de Marchi, président de l'OIEB (Agence Appa)
Le président de l'OIEB souligne qu'aujourd'hui ce sont les très petites et moyennes entreprises qui animent le marché de l'immobilier d'entreprise, avec des surfaces recherchées inférieures à 500 m2. Ce qui signifie, souligne le patron de l'OIEB, que les grosses opérations ont été remises à plus tard. Et de façon plus globale il ne pense pas que beaucoup de métropoles, à part peut-être Aix-Marseille, aient pu faire vraiment mieux que Bordeaux Métropole. Enfin, et pour être très clair, Simon de Marchi ne croit pas à un retournement historique durable.