Comment les coworkings bordelais ont traversé la crise sanitaire (1/4)

Anne Farthouat
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Coolworking
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Pour les gérants des "petits" espaces de coworking bordelais, depuis le 17 mars dernier, le quotidien est rythmé par deux maîtres-mots : système D et solidarité. Dès l'annonce du confinement général, le 16 mars, tous ont eu à composer avec une équation a priori insoluble : comment fermer le local sans mettre la clé sous la porte ?
"Ça a été la douche froide", se remémore ainsi Fabrice Jeannet, à la tête de Coolworking, l'un des pionniers de cette activité à Bordeaux, ouvert en novembre 2012. "J'ai suivi les injonctions gouvernementales : j'ai fermé, en essayant de relayer au mieux les informations dont je disposais". Si contractuellement le cas de force majeure le protège et lui permet d'exiger le paiement des prestations dues au titre du mois à venir, le gérant est prêt à accepter les résiliations, même hors délai de préavis, conscient que ses 70 coworkers se trouvent dans la même galère. Mais ceux-là conservent leurs abonnements, "dans un esprit d'entraide". "Coolworking est un lieu de travail convivial, où nous nous connaissons tous. J'aurais bien évidemment compris qu'ils résilient, mais ils ont préféré serrer les coudes pour maintenir l'activité", poursuit-il. "Pour les remercier, et participer moi aussi à cet effort, j'ai fait une remise de 50% sur le mois de mai." Le gérant anticipe toutefois une baisse de son chiffre d'affaires, à ce stade évalué à 149.000 € à fin 2020, versus près de 190.000 euros en 2019.
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Ce témoignage n'a rien d'isolé. Il raisonne avec celui de Sandrine Marzat, gérante de La Girafe. Propriétaire de son local, et ayant obtenu de sa banque un report de crédit de six mois (soit 33.000 euros sur un budget annuel de dépenses de 100.000 euros), elle a pu geler le paiement des prestations de ses coworkers, même si "plusieurs d'entre eux se disaient prêts à payer". Il raisonne aussi avec celui d'Éric Deup, à la tête de La Couveuse à films, spécialisé dans la production audiovisuelle, lui-même réalisateur et producteur. "À La Couveuse, les coworkers ont des métiers complémentaires, ils sont monteurs, cadreurs, preneurs de son... À ceux qui ne pouvaient pas payer leur loyer j'ai proposé un système de troc : ils pouvaient conserver leur poste en échange d'une prestation de service."
Anne Farthouat
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