Le périurbain, un « mode de vie » plus apprécié qu'il n'y paraît
Anaïs Delas
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Les habitants des zones périurbaines interrogés par l'A'urba préfèrent parler de campagne urbaine pour décrire un cadre de vie auquel ils sont très majoritairement attachés. Ici, Le Haillan, à Bordeaux Métropole.
Parce que le périurbain n'est « pas toujours étudié avec les bonnes lunettes », l'A'urba et le bureau de recherche 6-t ont lancé à l'automne 2018 une vaste enquête sur le sujet, dont ils rendent compte dans une étude publiée mi-février. Ils y déconstruisent une série d'idées reçues, et offrent une vision plus nuancée et plurielle de ces territoires pointés comme le terreau de Gilets jaunes.
Le périurbain girondin est-il vraiment cette "France moche" dépeinte par Telerama en 2010 : un chapelet de villes dortoirs constellées de zones commerciales et habitées par des exclus de la ville ? Halte à la caricature, semblent répondre l'A'urba, l'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine, et 6t au fil de leur étude "Être périurbain en Gironde", publiée le 18 février dernier.
Après avoir sondé quelque 1.600 périurbains girondins, au moment-même où le mouvement des Gilets jaunes battait son plein dans le département, l'agence d'urbanisme et le bureau de recherche tordent finalement le cou à plusieurs idées reçues, dessinant au passage des typologies de territoires et d'habitants plus complexes qu'il n'y parait.
Trois idées fausses
Premier a priori battu en brèche : le mode de vie périurbain serait un choix subi. Faux : seuls 18 % des habitants contactés déclarent avoir emménagé dans leur logement par contrainte. "Ce chiffre montre que l'installation dans le périurbain est un choix délibéré. Bien sûr, il résulte d'arbitrages entre diverses contraintes, mais comme pour ceux qui font le choix de vivre en ville", pointe auprès de La Tribune Cécile Rasselet, directrice du service socio-économie urbaine de l'A'urba.
Deuxième stéréotype déconstruit par l'enquête : le périurbain serait composé de cités dortoirs. Non : 90 % des girondins sondés travaillent à l'intérieur de l'espace périurbain, et dans la majorité des cas au sein de leur propre "géotype" (voir encadré sur la méthode). Sans nier la congestion récurrente de la rocade bordelaise, les auteurs de l'étude l'assurent : "on est loin du schéma radioconcentrique classique dans lequel les actifs travailleraient dans les centres et habiteraient les espaces périphériques".