« L'hypercentre de Bordeaux est face à une situation très tendue pour la location que personne ne peut véritablement contester. [...] Le marché est déjà déséquilibré par une offre locative insuffisante. » Par une audience qui s'est tenue ce 9 janvier devant la Cour administrative d'appel de Bordeaux, le rapporteur public s'est ainsi prononcé en faveur de Bordeaux Métropole et de la ville de Bordeaux pour faire annuler un recours déposé par les hôtes Airbnb qui y louent des meublés touristiques.
Les propriétaires mettent en cause la réglementation métropolitaine qui vise à rendre plus difficile la commercialisation de biens sur des plateformes de location courte durée. La décision de la Cour sera prononcée à partir du 30 janvier mais déjà cette réquisition donne une première tendance sur les arguments qui pourraient clore le contentieux initié en 2018.
En juillet 2017, Bordeaux Métropole mettait fin à la totale liberté de la plateforme de location Airbnb dans l'hypercentre urbain. Par la réglementation alors votée, et sur demande de la municipalité, les élus ont conditionné la mise d'un bien sur le marché locatif de courte durée à une compensation. Depuis sa mise en place en 2018, un propriétaire doit proposer un bien équivalent à la location sur le marché classique dès le premier bien qu'il loue sur Airbnb ou chez l'un de ses concurrents. Et ce soit en se portant acquéreur d'un logement dans le même quartier, soit en changeant la destination d'usage d'un local commercial qui n'est pas situé en rez-de-chaussée pour l'équivalent de 500 euros du m2.