C'est une réunion qui tombe à pic dans un moment particulier. L'Union HLM Nouvelle-Aquitaine tenait ce 24 juin son assemblée générale à la Cité du Vin à Bordeaux. Un événement qui a rassemblé tout ce que le secteur de l'habitat social compte de bailleurs et d'offices publics en difficulté avec le coup d'arrêt porté à la construction par la hausse des taux d'intérêt. Dans cette tourmente qui dure depuis deux ans, la crise s'intensifie : la France compte 2,6 millions de ménages en attente d'un logement social. Bordeaux Métropole a dépassé la barre des 50.000 dossiers, soit presque un tiers des 178.000 demandes enregistrées en Nouvelle-Aquitaine. Une pluie de tristes records.
La crise du logement se retrouve télescopée par l'actualité politique brûlante des élections législatives anticipées. Le projet de loi sur le logement abordable, porté par le ministre Guillaume Kasbarian, propose des pistes pour faciliter les opérations des bailleurs et une réforme de la lois SRU décriée par certaines métropoles. Il devait être examiné à la fin du mois au Sénat mais son passage a été suspendu. « Dissolution ou pas, élections ou pas, changement ou pas, le besoin de logement augmente quand l'offre se sclérose ! [...] Notre question, éloignée des grandes idées sur l'état du monde, reste : "Et le logement dans tout ça ?" », demande Muriel Boulmier, présidente de l'Union régionale HLM.