Avec un emprunt colossal, l'aménageur immobilier Apsys boucle deux tiers du budget de l'opération de quartier commercial et végétalisé autour de la gare Saint-Jean à Bordeaux. Un projet très soutenu par les banques en raison de son haut potentiel de rentabilité : Apsys restera seul propriétaire des 70.000 m2 de surfaces construites et des espaces publics qu'il pourra exploiter librement.De la « Rue bordelaise »... à Canopia. En 2022, le projet était rebaptisé comme pour marquer la réorientation végétale voulue par la mairie écologiste. Mais derrière la retouche, l'objectif du promoteur n'a pas changé : investir un archipel immobilier délaissé entre la gare Saint-Jean et les quais de la Garonne à Bordeaux pour tracer une artère commerciale de 600 mètres de long. Histoire de ne surtout pas laisser les voyageurs fraîchement arrivés en gare sans offre marchande immédiate.
Deux ans sans nouvelles, c'est long. Mais le promoteur Apsys, en charge de l'opération, a préparé en coulisses un tour de financement à la mesure de l'attente. L'aménageur vient ainsi de souscrire une série d'emprunts pour un montant global de 347 millions d'euros coordonnée par la banque Natixis CIB. De quoi boucler en une seule fois deux tiers du budget dédié à Canopia.
Seul propriétaire à bord
Chez Apsys, de Paris à Grenoble, les grands centres commerciaux urbains sont une habitude. Et pourtant, on ne s'était jamais autant endetté sur un dossier. « Dans ce contexte particulièrement contraint pour les opérations de financement, ça souligne la qualité du projet, s'enthousiasme François Agache, directeur général du développement et des opérations. On a réussi à lever 347 millions d'euros en dette bancaire, ça nous permet d'imaginer la suite, notamment le lancement des travaux. » Et le montant confirme surtout que les perspectives de rentabilité promises sont hautes pour l'exploitation des futures surfaces commerciales.
Plus de 60.000 m2 de surfaces dédiées aux activités marchandes (commerces, hôtellerie, tertiaire) seront ainsi construites, pour seulement 6.000 m2 de logements. Soit 150 appartements pour 9 % de la surface bâtie totale, à l'heure où la ressource, en particulier le logement social, manque cruellement à Bordeaux Métropole. Une prime aux commerces assumée et qui explique l'engouement financier. « Là où certains peuvent avoir une difficulté plus grande par leur modèle, c'est parce qu'il y a un pouvoir d'achat limité dans l'accès au logement. Sur Canopia, on est sur un investissement de long terme et on a du temps pour l'amortir », explique François Agache.