Au tribunal de Bordeaux, les syndicats de Ford sonnent l’alerte

Jean-Philippe Dejean

Jean-Philippe Dejean
La direction de FAI, à Blanquefort (33), est attaquée en référé pour "le non respect de son engagement concernant le maintien des 1.000 emplois et sur un prêt de personnel illicite car étant une manœuvre pour réduire les coûts et les effectifs". La CGT et la CFTC ont voté pour cette procédure à laquelle FO s'est opposée, tandis que la CFE-CGC s'abstenait.
Avec cette action, les syndicats cherchent d'abord à provoquer un électrochoc chez les élus politiques et le préfet de Région. Les pouvoirs publics ont financièrement accompagné Ford à Blanquefort. Ceci à la suite de négociations multipartites coordonnées par le préfet de Région dans le cadre du comité de pilotage de FAI. Les syndicats estiment que la direction de FAI n'a pas tenu sa promesse de maintenir 1.000 emplois et d'aggraver la situation en transférant ou prêtant des salariés à l'usine de Getrag Ford Transmissions (GFT).
Située à quelques dizaines de mètres de FAI, GFT, qui appartient à la coentreprise créée par Ford et l'équipementier allemand Getrag, fabrique des boîtes de vitesses manuelles principalement pour le marché européen. Elle a dernièrement été sélectionnée par la maison mère de GFT, à Cologne, pour fabriquer une nouvelle boîte de vitesses, la MX65, et renforce son effectif dans cette optique en faisant notamment appel à des salariés de FAI.Lors du comité d'entreprise du 2 avril, Dirk Heller, président de Ford Aquitaine Industries et directeur industriel de Ford Europe, a précisé aux syndicats que l'effectif combiné FAI et GFT ne dépasserait pas 1.700 salariés.
Alors que GFT emploie aujourd'hui un peu plus de 700 personnes, une étude commandée au cabinet Secafi par les syndicats montre que l'effectif de FAI n'était pas de 1.000 équivalent temps plein à durée indéterminée en janvier 2015, mais de 984, nombre qui devrait passer à 975 à la fin de l'année et à 960 fin 2016.
Cet écart avec les attentes a beau être faible, il démontre pour la CGT et la CFTC que FAI profite de l'argent public sans vouloir respecter son engagement.
Dirk Heller, président de Ford Aquitaine Industries (Agence Appa)
Analyse que la direction de FAI réfute de A à Z.
De ce point de vue, le maintien des effectifs est lié aux résultats et FAI et GFT forment un binôme industriel, même si les sociétés sont différentes. D'où les prêts et transferts de main d'œuvre de FAI à GFT, cette dernière usine ayant été sélectionnée au sein de Getrag pour assurer la fabrication d'une nouvelle boîte de vitesses manuelle, la MX65. Dans un entretien accordé à La Tribune - Objectif Aquitaine, Philippe Poutou (CGT) avait précisé le but de cette manœuvre quelques jours avant de déposer le dossier en justice.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
Cette analyse, Philippe Poutou n'en retranche pas une ligne et nous précisait ce 29 juin 2015 ne pas s'attendre à ce que le TGI condamne FAI pour ne pas avoir embauché. Ainsi, quelle que soit la décision rendue par le TGI de Bordeaux, les syndicats seront allés au bout de leur stratégie d'alerte.
Jean-Philippe Dejean
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur