Darbo met le feu à la forêt des Landes

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Fabricant de panneaux de particules bois, Darbo consomme de l'ordre de 300.000 tonnes de bois par an. Un volume colossal qui fait de cette PME de 131 salariés, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 27,5 M€ en 2015, un poids lourd de la filière bois dans les Landes.
Comme nous l'avions déjà écrit (lire "Les panneaux Darbo tombent dans le giron de Gramax" du 8 juillet 2015), quand cette société landaise a été cédée par son propriétaire portugais Sonae Industria, elle affichait des pertes cumulées pour un montant de 8 M€ à l'issue de l'exercice 2014. Tout comme il est vrai que la nouvelle équipe dirigeante s'est montrée très vite très rassurante, certifiant que les audits financier et technique réalisés étaient tout à fait positifs pour le futur, que l'entreprise allait bénéficier d'un investissement de 11,5 M€ sur deux ans, dont la première tranche devait être injectée incessamment (lire "En Aquitaine Gramax investit 11,7 M€ chez Darbo" du 23 novembre 2015) et que la production reprenait à un rythme supérieur à la moyenne des années antérieures.
Cette injection de capitaux n'a manifestement pas connu l'ombre d'un début de réalisation. Au point que les salaires du mois d'août dernier n'ont pas été payés aux 131 salariés de l'entreprise et que le tribunal de commerce de Mont-de-Marsan a mis Darbo sous observation pour une période de deux mois. Une situation ubuesque qui renvoie à la reprise en 2009 de Ford Aquitaine Industries (alors retransformé en First Aquitaine Industries) par le fonds de retournement allemand HZ Holding, qui n'a lui non plus jamais réalisé les investissements promis aux pouvoirs publics et aux salariés. Jusqu'à ce que, à la suite d'une très forte mobilisation des élus, des salariés et de l'Etat, Ford ne reprenne les rênes de sa filiale girondine. Pour Darbo aussi les pouvoirs publics ont fait un effort financier. Tandis que l'Etat devait mettre 1 M€ au pot, la Région s'était engagée pour 500.000 €.
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La population de Linxe, où se trouve Darbo, s'est mobilisée massivement samedi dernier et un bras de fer est bel et bien en train de se créer sur ce dossier industriel, entre repreneurs d'un côté, élus et salariés de l'autre.
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