Pétrole : Vermilion assure éviter 100.000 tonnes de gaz à effet de serre

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Résolument pragmatique, Jean-Pascal Simard, en charge des relations publiques Europe du groupe pétrolier canadien Vermilion, dont le siège de la filiale se trouve à Parentis-en-Born, dans les Landes, comprend la volonté du gouvernement de réaliser la transition énergétique mais se dit surpris de l'annonce faite par Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique et solidaire. Son premier argument, axé sur la lutte contre les gaz à effet de serre, fera bondir plus d'un lecteur mais n'est pas sans cohérence.
L'Aquitaine ne disposant plus de raffinerie depuis 1986, le pétrole pompé dans les Landes est acheminé par bateau jusqu'au port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) puis raffiné tout près, à Donges, et revendu aux automobilistes des régions proches. Jean-Pascal Simard souligne que Vermilion, qui emploie 200 salariés en France, dont 140 dans les Landes et 60 dans le Bassin parisien, a recruté 25 jeunes salariés au cours des quatre à cinq dernières années, qui n'auront pas atteint l'âge de la retraite en 2040.
"Nous générons aussi 400 postes de travail chez les sous-traitants et 2.000 à 2.500 emplois induits" relève ce dernier. Le groupe pétrolier canadien, qui a commencé par exploiter en Aquitaine de vieux puits délaissés par Esso mais pas encore vides, réalise en France un quart de son chiffre d'affaires mondial, soit 200 M€. "Nous sommes rentables car nous devons démontrer la rentabilité de l'exploitation pour obtenir une concession, c'est obligatoire" éclaire Jean-Pascal Simard.
Jean-Pascal Simard (DR)
Jean-Pascal Simard évoque avec inquiétude les 7 permis d'exploration détenus par sa compagnie en France, dont 5 en Aquitaine et 2 en Ile-de-France. Car une fois la loi votée, plus aucun permis d'exploiter ne sera accordé.
Le projet de loi ne menace pas l'exploitation pétrolière de Vermilion à court terme. Le groupe canadien pourra continuer à exploiter ses puits jusqu'à 2040. Mais Jean-Pascal Simard estime que le gouvernement aurait dû fixer la fin de l'exploitation du pétrole et du gaz en France à 2050, car cette mesure va financièrement pénaliser la filiale Europe de Vermilion, qui pourrait porter l'affaire en justice. Mais Vermilion n'ira pas en justice pour se défendre avant que le parlement n'ai fait du projet de loi Hulot une loi.
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"Nous avons 400 puits à démanteler, à boucher, et autant de sites à remettre en état. Nous avons rencontré des représentants de cabinets ministériels et allons voir les parlementaires qui sont sur nos territoires pour nous aider à plaider notre dossier" relève Jean-Pascal Simard.
Si la cause paraît entendue, la bataille du pétrole n'est pas encore finie.
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