Bruno Le Maire pressenti pour le comité de suivi de Ford Aquitaine Industries

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Les élus restent mobilisés sur le dossier de Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Bordeaux Métropole), et le font savoir. Alain Rousset, président (PS) du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, a reçu les syndicalistes de FAI ce vendredi 15 décembre, tandis que le 12 décembre Alain Juppé, maire (LR) de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole expédiait un courrier d'alerte sur le dossier au Premier ministre Edouard Philippe et au ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire. Pour assurer un avenir industriel au site de FAI, qui emploie aujourd'hui 900 salariés, la piste de la voiture électrique a été évoquée, sachant que l'usine de Blanquefort pourrait accueillir une unité de fabrication de moteurs.
Cette option est portée par la Région, qui est, rappelons-le, très impliquée dans la recherche et développement de batteries électriques de dernière génération. Comme le rapportent les élus de la CFTC et de la CGT, les représentants syndicaux ont tenu à insister sur l'urgence de la situation auprès d'Alain Rousset, qui s'est engagé à intervenir au niveau de Ford et qui s'est dit favorable à la tenue rapide d'un comité de pilotage dédié à FAI sous l'égide de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances.
Alain Juppé, dans son courrier envoyé le 12 décembre à Bruno Le Maire et Edouard Philippe, n'a pas oublié de rappeler qu'une précédente ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde (aujourd'hui présidente du Fonds monétaire international), avait elle-même piloté plusieurs de ces comités de suivi. Dans ce courrier, enrichi d'un "cher Bruno" manuscrit à l'adresse du ministre de l'Economie et des Finances, Alain Juppé met l'accent sur l'importance qu'a pour lui cette usine spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, installée par Ford en 1973 dans la banlieue de Bordeaux, avant de revenir sur son histoire récente.
Une fois ces faits remémorés, Alain Juppé revient sur l'importance du dossier pour l'Etat, qui, observe-t-il, "a été très actif". Puis il en revient aux enjeux actuels.
Il observe ensuite que le 1er décembre dernier la rencontre entre le directeur de cabinet de Delphine Geny-Stephann, nouvelle secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances (nommée le 24 novembre pour remplacer Benjamin Griveaux), et le vice-président aux affaires publiques de Ford Europe et le président de FAI, n'a pas été constructive. Puisque c'est lors de cette rencontre que les deux représentants de Ford Europe ont annoncé que l'étude concernant la faisabilité de la fabrication de la boîte de vitesses 8F MID, qui pourrait succéder à la 6F35, ne serait pas connue fin 2017 mais un peu plus tard, début 2018.
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Alain Juppé conclut sur un appel clair et net au ministre de l'Economie et des Finances, et au Premier ministre. "Il est capital que l'Etat, au plus haut niveau, se saisisse de ce dossier, compte tenu de l'importance économique et sociale que revêt l'avenir de FAI pour la métropole bordelaise", martèle ainsi le maire de Bordeaux, qui assortit son courrier à Bruno Le Maire de la mention manuscrite suivante : "Je compte sur toi pour mettre FAI face à ses responsabilités".
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