Ford Aquitaine Industries : la CCI prépare la reprise de l'usine

Jean-Philippe Déjean

Patrick Seguin, CCI Bordeaux Gironde
Agence Appa

Jean-Philippe Déjean

Patrick Seguin, CCI Bordeaux Gironde
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L'annonce de l'abandon par Ford Motor Company de tout nouveau projet industriel à Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort (Gironde), signe l'arrêt de mort de cette usine qui emploie près de 900 salariés et qui avait besoin d'au moins un projet industriel supplémentaire pour pouvoir rêver d'un futur. Jim Hackett, le nouveau patron mondial du groupe, qui a réalisé près de 7,6 Md$ de bénéfice net en 2017, n'a pas l'intention de réinjecter le moindre quart de dollar dans sa filiale française, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques. En principe l'activité de FAI pourrait se prolonger jusqu'à l'an prochain. C'est en tout cas ce que demande Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des finances, au constructeur automobile américain. Le temps de trouver une solution de rechange à Blanquefort.
"2019 c'est un horizon très court. Nous n'avons pas encore réagi aux derniers événements mais nous ne sommes pas inactifs. Avec l'UIMM nous sommes en train de constituer une task force pour permettre la reprise du site industriel de Ford Aquitaine Industries", a précisé Patrick Seguin, ce jeudi matin, à La Tribune à l'Intercontinental Bordeaux-Le Grand Hôtel, lors du petit déjeuner organisé en partenariat par notre titre avec le Crédit agricole d'Aquitaine, dont les invités étaient les dirigeants de Thales Avionics, Gil Michielin, DGA des activités avioniques de Thales, et Bruno Nouzille, directeur technique avionique.
Patrick Seguin a indiqué qu'il profiterait de son départ à New-York, le 2 mars, à l'occasion du salon Vinexpo, pour sensibiliser l'ambassade de France à la situation de FAI. De son côté Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des finances, a fait savoir qu'il rencontrerait, vendredi 2 mars, à 12 h à Bercy, tous les acteurs girondins de ce dossier industriel explosif, à commencer par les représentants syndicaux de l'usine, Christine Bost, maire d'Eysines et vice-présidente du Conseil départemental de la Gironde, Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde, Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, et Benoit Simian, député de Gironde.
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Autant dire que les représentants syndicaux sont, comme les salariés, en état de choc même s'ils s'attendent depuis des mois à une mauvaise surprise. D'autant plus que la convention signée en 2013 par Ford avec les pouvoirs publics, dans laquelle le constructeur automobile s'engageait à maintenir 1.000 emplois dans le site moyennant une aide financière, s'achève en mai. L'usine, implantée à Blanquefort en 1973, fermera-t-elle brutalement à ce moment-là ? De plus en plus de salariés commencent à redouter cette issue.
Jean-Philippe Déjean