GT Location met de la croissance externe dans son moteur

Jean-Philippe Déjean

GT Location
Groupe GT

Jean-Philippe Déjean

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Après son frère Eric, qui dirige la filiale GT Logistics du groupe GT, Michel Sarrat a présenté hier mardi le bilan 2017 de GT Location, spécialisé dans la gestion de flottes externalisées de camions avec chauffeurs, et confirmé l'intensification d'une stratégie de développement offensive qui fait la part belle aux opérations de croissance externe. Michel Sarrat en a aussi profité pour présenter "Nous réinventons notre entreprise", le livre préfacé par Frédéric Laloux (auteur de "Reinventing organizations") qu'il vient de signer aux Editions Diateino (215 pages - 22 €). Il ne fait désormais plus de doute que, dans l'énorme majorité des secteurs d'activité, l'économie française est sortie du syndrome dépressif provoqué par la terrible onde de choc de la crise financière de 2008. Une reprise forte qui profite aussi aux transports et génère de fortes tensions sur le marché de l'emploi.
La croissance du marché est si soutenue que le patron de GT Location pourrait en sembler déstabilisé. "Actuellement même les plus idiots arrivent à se développer. Il faut juste trouver de nouvelles activités au bon prix et avec de bonnes conditions pour les salariés" expose Michel Sarrat. C'est en janvier dernier que GT Location a finalisé la reprise de la société DDS, notamment spécialiste de la distribution de pneumatiques. "DDS a créé tout un réseau de messagerie spécialisée en pneumatiques et travaille avec les autres manufacturiers, ce qui va nous permettre d'améliorer nos performances. Cette entreprise, qui emploie 60 salariés, a réalisé 24 M€ de chiffre d'affaires en 2017 et connaît un développement soutenu en 2018" explique le patron de GT Location, qui annonce deux opérations de croissance externe à court terme, dont au moins une en Allemagne.
L'entreprise travaille depuis des dizaines d'années pour Saint-Gobain et Michelin, qui restent ses deux plus gros clients, et Michel Sarrat a annoncé que la firme au Bibendum vient de confier à la société girondine la distribution de ses pneus en Rhône-Alpes à compter du 1er juillet prochain. Marché jusque-là détenu par XPO Logistics (ex-Dentressangle). "Nous avons 35 chauffeurs à trouver pour juillet !" sourit Michel Sarrat, qui a l'habitude de ce type de situation mais qui, compte tenu de la puissance de l'effet de ciseau entre remontée des besoins en recrutements et manque des profils attendus, se demande si la croissance européenne ne va pas plafonner par manque de salariés. Tout en précisant qu'il est facile de se former à la conduite et que le travail de chauffeur n'a plus rien à voir avec ce qu'il a pu être par le passé. "Sur 1.500 chauffeurs nous n'avons que 25 femmes ce qui est vraiment très insuffisant" regrette le dirigeant.
GT Location emploie au total 1.800 salariés pour un chiffre d'affaires 2017 qui a atteint 133 M€, soit une forte hausse de +9,9 % (121 M€ de CA en 2016), qui n'inclut pas le rachat de DDS. Juste avant le début de la première épidémie de grippe aviaire, GT Location a pris le contrôle, le 31 décembre 2015, de la société landaise Dauga, à Hagetmau, transporteur de canard gras.
Cette station de lavage/désinfection représente un investissement de l'ordre de 1,2 M€ et Palmiclean devrait être rapidement dupliqué en Bretagne.
Michel Sarrat, et ce n'est pas la moindre des informations, vient de publier "Nous réinventons notre entreprise". Il a présenté cet ouvrage comme un produit de l'expérience des transformations réalisées au sein de GT Location, qui connaît un redéploiement interne de grande amplitude. Une des idées centrales de cette révolution est la dévolution aux salariés de davantage d'autonomie dans les prises de décision. Une arme à double tranchant, qui peut aussi bien mener à l'épanouissement qu'à un stress maximal, voire à un syndrome d'épuisement professionnel. Très centré sur le concept d'entreprise libérée, Michel Sarrat a souligné qu'il était parfaitement conscient de ce type de risque.
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L'essai, centré sur l'intelligence collective, se veut la synthèse d'une transformation de fond qui débouche sur un nouveau mode de fonctionnement. En plus d'un volet historique, marqué par une très mauvaise année 2011, "Nous réinventons notre entreprise" aborde en particulier la remise en questions du fonctionnement de la gestion des ressources humaines ou encore la libération de la parole.
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