Nautisme : à Rochefort Bavaria Catamarans va retrouver son premier nom de Nautitech

Jean-Philippe Déjean

usine
Simon David-Caro

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Acheté en 2014 par le groupe allemand Bavaria Yachtbau, le chantier naval Nautitech, à Rochefort (Charente-Maritime), devenu Bavaria Catamarans, se retrouve dans une situation paradoxale après la mise en dépôt de bilan de sa maison-mère bavaroise. En septembre dernier le fonds de retournement allemand CMP (Capital Management Partner), qui investit dans des entreprises en difficulté pour les redresser, a repris le groupe Bavaria Yacthbau (550 salariés en Allemagne), un géant du nautisme international, dont le siège se trouve à Giebelstadt, en pleine zone rurale bavaroise.
Les investisseurs allemands sont parfaitement conscients du potentiel de Bavaria Catamarans et convaincus que cette filiale française doit reprendre son nom de Nautitech déjà bien connu sur le marché, même s'ils n'ont pas encore donné de date pour le retour du patronyme français. Ils rappellent ainsi, comme La Tribune l'a souligné dans son enquête sur le sujet, que les chantiers français produisent près de 90 % des catamarans de plaisance mis à l'eau dans le monde. Ce qui a représenté 718 unités vendues en 2017, moyennant 333 M€ de chiffre d'affaires. Une construction navale essentiellement concentrée en Nouvelle-Aquitaine (Charente-Maritime, Gironde) et Vendée.
Cette croissance accélérée, qui s'est soldée par la réalisation d'un chiffre d'affaires de 20,2 M€ l'an dernier, n'a pas été sans conséquences sur l'équilibre de l'entreprise.
Le patron de Nautitech sait bien qu'il ne s'agit pas là d'une nouvelle page blanche pour l'entreprise, qui n'a selon lui jamais été endettée, sinon auprès de de ses actionnaires, mais un socle nécessaire pour aborder l'avenir avec sérénité. Gildas Le Masson estime que le chantier, qui dispose de 7.000 m2, doit pouvoir doubler la surface de ses installations, à 14.000 m2, pour pouvoir porter sa production annuelle à 200 unités.
Ce dernier vise sans les nommer ses grands concurrents mondiaux que sont CNB-Lagoon, à Bordeaux, et Fountaine-Pajot, à La Rochelle, Nautitech étant pour lui le prototype du catamaran de plaisance à la fois sportif et suffisamment confortable.
L'impact de la crise financière de 2008, qui a très fortement secoué le marché, n'est plus qu'un mauvais souvenir et la croissance des chantiers navals spécialisés dans les catamarans hauturiers a été l'an dernier de l'ordre de +35 %. La tension sur les effectifs est donc forte et Gildas Le Masson, qui emploie une part significative de salariés en contrats à durée déterminée (CDD) dans son chantier, veut réaliser 35 recrutements sous contrats à durée indéterminée (CDI), en transformant majoritairement des CDD déjà présents en CDI.
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Au terme de sa dernière phase d'investissements, Nautitech dispose d'un catalogue composé de quatre tailles différentes, avec une longueur maximale de 54 pieds (16,45 mètres) pour le plus grand des catamarans, déclinés en six modèles. L'objectif est désormais de doubler la capacité de production du chantier.
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