Automobile : malgré un contexte plombé Le Bélier maintient le cap de la croissance

Jean-Philippe Déjean

Philippe Dizier
Agence APPA

Jean-Philippe Déjean

Philippe Dizier
Agence APPA
Equipementier automobile spécialisé dans la fabrication en aluminium de pièces telles que les systèmes de freinage, coté en bourse, dont le siège social se trouve à Vérac (Gironde), le groupe Le Bélier a, pour la première fois depuis des lustres, vu la croissance de son chiffre d'affaires ralentir. Au 4e trimestre 2018, Le Bélier a ainsi enregistré une contre-performance marquée par un recul de son activité de -4 % sur un an, à 84,3 M€. Ce recul s'enchaîne avec le net ralentissement de la croissance du 3e trimestre, à +1,4 % (après +8,1 % au 2e trimestre et +6,9 % au 1er).
L'objectif d'atteindre la barre des 400 M€ de chiffre d'affaires dès l'exercice 2019, qui avait été annoncé début 2018, est ainsi remis à 2020. Ce qui n'empêche pas le groupe girondin, implanté en Serbie, Hongrie, Mexique et Chine de finir l'année 2018 sur une bonne note, avec un chiffre d'affaires de 358,7 M€, soit une progression annuelle très honorable à +3,1 %. La direction du Bélier, dont Philippe Dizier, directeur général, est le patron opérationnel, n'explique pas cette évolution comme un résultat de la politique douanière agressive du président des Etats-Unis, Donald Trump.
L'onde de choc qui a frappé le marché automobile européen en 2018 est en réalité d'origine normative. Après les scandales qui ont frappé l'automobile, un nouveau type de test a été mis au point et lancé par les Européens, en partenariat avec les Indiens et les Japonais pour mesurer dans des conditions plus réalistes non seulement la consommation de carburant mais aussi la production de particules d'azote.
C'est tout l'objet de la nouvelle norme WLTP (Worldwide harmonized light vehicles test procedures), soit Procédures pour l'harmonisation mondiale des essais sur les véhicules légers, qui a précisément commencé à monter en puissance en 2018. Avec à la clé tout un lot de complications techniques pour les constructeurs automobiles, qui n'en sont pas encore tout à fait sortis. L'arrivée de cette nouvelle norme a plombé leur activité et donc les achats de pièces légères en aluminium fabriquées par Le Bélier tout au long du deuxième semestre 2018. Autre facteur limitant : le léger recul de l'activité en Chine où la production de véhicules a été inférieure à celle de 2017.
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Le tonnage d'aluminium vendu en 2018 par l'entreprise, soit 71.887 tonnes, est toutefois resté stable, à -0,6 %. Malgré tout Le Bélier maintient le lancement de 55 nouveaux produits qui ont dopé la fabrication d'outillages, en hausse de +22,3 % l'an dernier. Les activités d'usinage (+4,1 %) et de fonderies, la fonction la plus importante avec 301,7 M€ de CA, à +2,5 %, sont restées bien orientées. Le groupe annonce que le lancement de produits nouveaux "importants en nombre et en coûts" devrait peser sur l'Ebitda (excédent brut d'exploitation) par rapport à 2017 "tout en restant à un niveau significatif".
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