Ford Aquitaine Industries : le protocole d’accord sera-t-il signé fin avril ?

Jean-Philippe Déjean

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Agence Appa

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Si Alain Rousset, président (PS) du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, s'est montré confiant sur l'après Ford à Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Gironde -Bordeaux Métropole), à la suite de la 3e réunion du groupe de travail dédié à ce dossier industriel, l'intersyndicale FO, CFE-CGC, CGT, ne partage pas le même état d'esprit. Plus aucun rebondissement réglementaire ne peut désormais venir contrarier la fermeture par Ford de cette usine de fabrication de boîtes de vitesses automatiques, qui emploie 850 salariés.
Et c'est désormais un groupe de travail réunissant les élus (villes de Blanquefort et Bordeaux, Métropole, Département, Région, députation), les représentants du ministère de l'Economie et des Finances, les services de l'Etat et l'intersyndicale qui travaille sur l'après-Ford. Son objectif n'est officiellement plus de se pencher sur la revitalisation du site (dépollution, etc.) mais sur sa réindustrialisation, c'est-à-dire le lancement d'un nouveau projet industriel dans l'ancienne usine Ford.
Le groupe Ford Motor Company (FMC) s'est de son côté engagé à injecter 20 M€ pour border son départ mais au titre de la revitalisation du site et du territoire. En plus de ce léger décalage lexical, qui pourrait peser très lourd, la position du groupe de Détroit sur la rétrocession aux collectivités des bâtiments, moyennant 1 euro symbolique, du foncier et des machines n'est pas aussi claire qu'on aurait pu le croire. Si FMC a précédemment annoncé sa volonté de rétrocéder les bâtiments et le foncier pour une somme symbolique, le constructeur automobile s'est bien gardé d'aborder la question des machines.
Il n'échappe à personne que l'usine Ford de Van Dyke (Michigan, Etats-Unis) fabrique des boîtes de vitesses automatiques 6F35, les mêmes qu'à Blanquefort, et qu'une fois le site fermé il est probable que la plupart des machines implantées en Gironde partent pour les Grands lacs. D'où l'inquiétude de l'intersyndicale et en particulier de la CGT, syndicat majoritaire à FAI, dont les adhérents n'ont pas été rassurés par la troisième réunion du groupe de travail, qui s'est tenue à l'hôtel de région.
Une fois de plus les syndicalistes s'inquiètent de ce qu'ils considèrent comme une forme d'impuissance de l'Etat à répliquer au groupe Ford en s'opposant à ses conditions.
Depuis début avril, ni Bercy, ni les services de l'Etat, ni les collectivités territoriales, à l'exception du président de la Région, ne se sont officiellement prononcés sur la stratégie de blocage de Ford et l'état de la négociation liée au protocole d'accord. Par ailleurs la Commission européenne vient d'autoriser le rachat par le groupe canadien Magna, à Aurora (Ontario, Canada), leader mondial de la sous-traitance automobile, des parts que détenait Ford dans la coentreprise Getrag Ford Transmissions (GFT) Slovakia, à Kechnec (Slovaquie).
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Cette usine spécialisée dans la fabrications de boîtes de vitesses à double embrayage répond à celle de Getrag Ford Transmissions, à Blanquefort (1.220 salariés), installée à quelques centaines de mètres de FAI. Depuis plusieurs mois des rumeurs font état du rachat par Magna des parts détenues par Ford dans deux de leurs coentreprises : les usines de Kechnec et Blanquefort. Sachant que contrairement à FAI cette usine girondine, qui fabrique des boîtes de vitesses manuelles pour le marché européen, est un établissement secondaire de GFT, dont le siège est à Cologne (Allemagne).
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