Ingénierie : la transmission d'Ingéliance à son management est désormais sur les rails
Jean-Philippe Déjean
Jean-Philippe Déjean
"L'opération est désormais bouclée, mais elle est rendue plus difficile à cause de l'épidémie de coronavirus, qui nous fait prendre un peu de retard sur le programme" commente pour La Tribune, à Bordeaux, Jean-François Clédel, fondateur du groupe d'ingénierie Ingéliance, à Mérignac (Gironde/Bordeaux Métropole), qui emploie plus de 800 salariés répartis dans 20 sites, en France et à l'étranger, pour un chiffre d'affaires d'un peu plus de 50 M€.
Créé en 1998, le groupe Ingéliance intervient dans une demi-douzaine de secteurs, dont l'aéronautique-spatial-défense, la construction navale, l'ensemble eau-énergie-environnement ou encore les transports terrestres. Grâce à ses compétences en ingénierie, le groupe Ingéliance est notamment capable de concevoir des solutions technologiques innovantes pour le développement des produits et process de ses partenaires et clients. Qu'il s'agisse de concevoir et développer des systèmes d'information, ou encore de la mise en place de simulation en ingénierie industrielle. Si Jean-François Clédel a décidé de céder le groupe à son management, cette transmission va se faire de façon graduelle, sans qu'il soit encore possible de connaître la date exacte de la fin de ce passage de témoin.
Une opération dans laquelle le patron d'Ingéliance est impliqué à tous les sens du terme. "C'est ma holding personnelle Clédel Technologies, qui porte l'opération. Le nouveau PDG du groupe, Marc Poullin, monte dans l'actionnariat, ainsi que la société qui regroupe les 50 managers. Mais Clédel Technologies reste l'actionnaire principal du groupe", éclaire le président du conseil de surveillance.
Cette transmission par MBO (Management by-out/Reprise d'entreprise par le management) est étroitement liée au lancement par le groupe girondin de son ambitieux plan de développement baptisé « Cap 2024 », qui doit permettre à Ingéliance de porter son chiffre d'affaires à près de 100 M€ en cinq ans. Le montant de l'opération n'a pas été dévoilé, mais il semblerait qu'il soit proche de celui du chiffre d'affaires actuel.
D'où une somme on ne peut plus significative, qui a nécessité l'arrivée dans le jeu d'un nouvel opérateur, en l'occurrence Activa Capital. Cette société parisienne indépendante d'investissement en capital-développement s'intéresse aux "PME françaises à fort potentiel ayant une valeur d'entreprise comprise entre 20 et 80 millions d'euros".
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Activa Capital détient plus de 500 M€ sous gestion. Cette société précise sur son site qu'elle peut investir jusqu'à 60 M€ quand elle est, comme dans cette opération, en co-investissement. La croissance accélérée du chiffre d'affaires visée par le plan "Cap 2024" va passer par des opérations de croissance externe, stratégie qui a tout pour plaire à Activa Capital.
Arkéa Capital, qui affiche 35 ans d'expertise, est la filiale d'investissement en capital du groupe Arkéa. C'est ainsi qu'elle dispose d'une centaine d'entreprises en portefeuille, pour un milliard d'euros sous gestion. Franck Callé, directeur régional d'Arkéa Capital à Bordeaux, n'a pas le moindre doute sur le succès du plan d'Ingéliance.
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Comme le souligne la direction du groupe, Ingéliance est porté notamment par l'externalisation des fonctions recherche et développement chez les grands donneurs d'ordre. Et le groupe entend désormais prendre position sur de nouveaux segments de marché, qu'il s'agisse des énergies renouvelables ou des véhicules électriques. Ingéliance entend bien devenir un acteur de l'industrie du futur. Parallèlement, une co-entreprise a été créée début 2019 en Australie pour répondre aux marchés liés au contrat géant de 32 Md€ décroché par Naval Group pour la fourniture de 12 sous-marins océaniques.
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