Loisirsenchères.com boucle sa 2e levée de fonds en 6 mois

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Le principe est limpide : choisissez sur le site une offre de spectacle, de loisirs ou de séjour, et enchérissez gratuitement. Celui qui propose le prix le plus élevé remporte la mise. Ce concept créé en Hollande puis en Espagne, Thomas Boisserie l'a découvert au gré de discussions. Le jeune Bordelais, passé par une école de commerce, venait de passer quelques années en mission pour une ONG dans plusieurs coins du monde, avant de revenir à Bordeaux pour prendre en charge le mécénat au CAPC, le musée d'art contemporain. Constatant que la plateforme hollandaise réalise aujourd'hui 100 M€ de CA dans un pays quatre fois plus petit que la France et qu'un quart de la population y est inscrit, il met en route Loisirsenchères.com en juillet 2014. Le jeune dirigeant part du postulat suivant :
Mettre en enchères des séjours, des nuitées, des sorties : le modèle bouscule les acteurs classiques du tourisme et de l'hôtellerie-restauration.
Pour le moment, le démarrage est réussi. Après un premier tour de table de 275.000 € il y a 6 mois, Loisirsenchères.com vient de boucler une seconde levée qui porte son pécule à 800.000 €. Bpifrance apporte une bourse French Tech, le Conseil régional est au soutien et plusieurs business angels ont apporté leur écot. "Ces derniers sont à 50 % locaux et à 50 % internationaux", souligne Thomas Boisserie. "Pas de business angels parisiens dans ce tour de table, ni de fonds d'investissement."
Le jeune patron n'est pas allergique à Paris mais il milite pour la présence et le développement des startups dans les régions, se réjouissant notamment qu'une jeune génération arrive aux commandes dans le monde du vin, prête à élargir son spectre et à investir dans des jeunes pousses nées dans le Bordelais. Thomas Boisserie ne cache pas que la question d'un déménagement de sa plateforme vers la capitale s'est posée mais explique son choix :
Retenue par Le Village by CA, Loisirsenchères.com a donc un bureau à Paris... mais pas plus. Sur son équipe de 16 personnes, cinq cherchent à débusquer des offres attractives auprès des professionnels. Le volume d'affaires a grimpé en flèche : " 1.250 € le premier mois, 220.000 € ce mois-ci", sourit Thomas Boisserie. En fin de journée, chaque employé de la startup sans exception prend son téléphone et félicite de vive voix les gagnants des enchères du jour. Une manière d'humaniser le processus mais aussi de récolter auprès des visiteurs du site de précieuses informations : ergonomie du site, pistes pour élargir l'offre, bons plans...
La plateforme s'attache à proposer une offre assez large et sortant des sentis battus : pas question de mettre aux enchères un hôtel en bord d'autoroute ni haut de gamme par exemple, pas plus qu'un repas dans un restaurant en plein cœur d'un centre commercial. Plutôt que les grands circuits touristiques, la startup mettra plutôt en valeur la découverte des passages couverts de Paris en compagnie de comédiens en costumes d'époque.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Quant à l'attrait des professionnels pour un site qui les démarche sans leur annoncer un prix fixé à l'avance, Thomas Boisserie précise sa stratégie :
À lire également
Depuis une semaine, Loisirsenchères a franchi les étapes nécessaires pour décrocher officiellement l'agrément d'agent de voyage. Ce qui va lui permettre de proposer des séjours tout compris, vols inclus. Thomas Boisserie aimerait ainsi mettre aux enchères des voyages à New York d'ici la fin de l'année.
Mikaël Lozano
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur