La startup bordelaise NFC-Interactive prend le train pour Toronto

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Issue du Laboratoire bordelais de recherche en informatique (Labri) la startup NFC-Interactive, créée à Bordeaux en 2014, vient d'être sélectionnée par le ministère des Affaires étrangères et du développement international. C'est ainsi que NFC-Interactive, qui a changé son logo pour le recombiner en NFC-I, va bénéficier du programme Netva (New technology venture accelerator), qui doit permettre à de jeunes entreprises françaises innovantes d'engranger un maximum d'atouts avant de s'attaquer aux marchés nord-américains. En l'occurrence NFC-Interactive vise les compagnies ferroviaires du Canada. Une opération pilotée sur le terrain par les équipes du service pour la Science et la technologie des ambassades de France aux Etats-Unis (Boston, San Francisco, Washington DC) et au Canada (Toronto).
Même si elle a bénéficié de subventions, de la Région et de BPI, NFC Interactive, qui emploie 10 personnes, est l'une des rares startups à générer un chiffre d'affaires depuis sa création, soit 70.000 euros en 2014-2015 (18 mois) et 293.000 euros en 2016 (12 mois) mais aussi un bénéfice. Elle a été retenue pour le programme Netva car elle a développé une technologie de gestion et d'analyse des données qui a convaincu les ingénieurs de SNCF Réseau. Cette société chargée de maintenir en conditions opérationnelles le réseau ferré français est une référence, ce qui a sans doute favorablement influencé Mesea, le consortium piloté par Vinci chargé de la maintenance de la LGV entre Bordeaux et Tours, qui fait également appel aux services de la startup.
Le drame de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui a fait sept morts le 12 juillet 2013, suite au déraillement à 130 km/h d'un train inter-cité, puis l'accident ferroviaire arrivé entre Orthez et Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 17 juillet 2014, au cours duquel un TER a heurté à faible vitesse un TGV, avec plusieurs blessés à la clé, sont passés par là.
Les données sont collectées puis transportées (par le biais d'un protocole) pour être livrées dans le système informatique des clients, dont elles restent la propriété exclusive.
Une vraie difficulté avec ces cabanes techniques c'est qu'à cause des particularités de leur champ électro-magnétique il est impossible d'y entrer avec un téléphone portable allumé, et que jusqu'à présent il n'y avait pas d'autre système de communication possible.
"Ces cabanes c'est du off-line et dans ce cas il n'y a que la technologie NFC qui fonctionne, d'où l'intérêt de nos propositions", relève le président de la startup. Concernant l'accident de Brétigny, Nicolas Bournet souligne que le problème de l'éclisse défectueuse, qui a provoqué la catastrophe, était connu. Qu'il avait été signalé au téléphone par des agents de terrain mais que l'information n'était pas remontée. C'est pourquoi NFC Interactive est en train de robotiser la saisie et la transmission d'une énorme quantité d'informations capitales pour la sécurité et la productivité de l'écosystème géant de la SNCF.
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Mouvement qui va de pair avec une restructuration des circuits internes de communication puisqu'il existe désormais un administrateur général à Paris qui voit toutes les alertes. Il est désormais impossible qu'une information capitale ne remonte pas dans les temps au bon endroit.
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Par ailleurs, associé à la startup bordelaise, Wiidii, NFC Interactive développe, avec l'Office de tourisme de Bordeaux Métropole, un nouveau système de pass numérique sur smartphone pour les congressistes de passage au port de la Lune. Ce "business pass" contient un titre de transport collectif dématérialisé. Un produit actuellement en test également avec Keolis Bordeaux. Ce système de validation des titres de transport, qui utilise la technologie du QR Code, est très peu coûteux, soit 2 euros, souligne Nicolas Bournet. Alors que les bornes de paiement déployées par Thales dans les trams bordelais semblent avoir du mal à fonctionner correctement et coûteraient autour de 60.000 euros pièce.
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