Comment Meshroom VR ambitionne de déployer la réalité virtuelle dans toutes les entreprises

Pierre Cheminade

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MeshroomVR

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"L'objectif de la réalité virtuelle, c'est de voir ce qui n'existe pas de la manière la plus réaliste possible. Elle trouve sa pleine application dans le jeu vidéo et dans le prototypage. Nous avons choisi le prototypage", résume Antoine Doumenc, le cofondateur et responsable du développement de Meshroom VR, avant de poser simplement la vision de cette jeune startup spécialisée dans la réalité virtuelle résolument BtoB :
Pour tenir cette promesse, Meshroom VR a mis au point une solution brevetée développée sur le moteur graphique Unreal Engine et le casque HTC Vive.
Le casque HTV Vive et la manette utilisés par Meshroom VR (Crédits Meshroom VR).
"Nous avons retenu ce moteur, au détriment d'Unity, car ils nous offre un potentiel d'amélioration incroyable dans les mois qui viennent. Nous commençons juste à gratter ces potentialités. C'est un choix partisan mais aussi très exigeant", poursuit Antoine Doumenc qui a créé l'entreprise en mars 2017 avec son cousin André Doumenc, l'actuel directeur général qui a apporté son savoir-faire de designer de produit, et Christophe Kohler, directeur technique et spécialiste d'Unreal Engine installé à Narbonne. Pour son siège, Meshroom VR a choisi Bordeaux en raison de son écosystème très dynamique dans le jeu vidéo et la réalité virtuelle autour, notamment, d'Immersion, d'Asobo Studio ou encore de SimforHealth.
Le trio de fondateurs a présenté la première version de son logiciel au salon Industrie à Lyon en avril 2017. "Les retours y ont été très positifs, bien au-delà de ce qu'on attendait, et cela nous a permis de comprendre que notre cible s'étend à tous les services de l'entreprise et à toutes les entreprises", poursuit Antoine Doumenc. Meshroom VR vise ainsi les équipes de trois à dix personnes qu'elles soient dans des PME ou au sein de grands groupes. Ses clients potentiels vont du constructeur naval ou automobile au cabinet d'architecture en passant par le cuisiniste, le fabricant de matériel agricole et n'importe quel équipementier industriel. Scheider Electric, un constructeur automobile français et un acteur de l'industrie militaire figurent parmi les premières entreprises clientes qui sont déjà "plusieurs dizaines".
La "salle" de réalité virtuelle permettant de visualiser un objet et d'en changer la taille, la couleur ou la texture (Crédits : Meshroom VR).
Concrètement, un simple mouvement de glisser-déposer permet d'importer en quelques secondes un fichier de modélisation 3D dans le moteur graphique de Meshroom VR. En mettant le casque de réalité virtuelle, il est alors possible de modéliser l'objet à échelle 1, de le manipuler, de l'inspecter dans ses moindres détails, de prendre de la hauteur ou encore d'en modifier couleurs et textures à partir de balles à glisser-déposer. Le tout dans une interface conçue pour être la plus épurée et accessible possible. Tout juste un an après sa création, la jeune pousse a remporté le Global industrie award 2018 dans la catégorie "mutation industrielle" en mars dernier.
L'entreprise, qui compte déjà huit salariés en CDI et trois collaborateurs extérieurs réguliers, propose un abonnement de 12 mois pour un unique poste à 3.468 € HT et pour un forfait de 6 postes (deux de réalité virtuelle et quatre d'éditions) à 11.990 € HT. Les ressources tirées de ces premiers clients viennent prendre le relais des fonds propres puis de la levée de fonds réalisée fin 2017 auprès d'acteurs privés (400.000 €) et publics (300.000 € auprès de Bpifrance et de la Région Nouvelle-Aquitaine).
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Pour poursuive son développement commercial et technologique, Meshroom VR voit désormais plus grand et vise une nouvelle levée de fonds conséquente d'ici la fin 2018 d'un montant compris entre 2 et 5 M€.
Parallèlement, la startup table sur un chiffre d'affaires "de plusieurs millions d'euros dès 2019" et ambitionne une dizaine de recrutements à Bordeaux et à l'international pour accompagner la montée en puissance. La commercialisation de Meshroom VR à grande échelle passera d'abord par la signature de contrats avec des distributeurs de logiciels professionnels. Des accords ont déjà été conclus avec des distributeurs locaux et régionaux (Formes & Volumes) et nationaux (AvenAO) mais aussi espagnol (e-Creatia).
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La présence de Meshroom VR au Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas en janvier dernier a aussi permis de décrocher des contrats avec deux distributeurs américains et un troisième devrait suivre d'ici l'été. "Le marché international fait partie intégrante de notre feuille de route et de notre fonctionnement depuis le 1er jour", précise le directeur du développement, qui a déjà décidé de retourner au CES en 2019.
L'équipe de Meshroom VR avec Antoine Doumenc à gauche (Crédits : Meshroom VR)
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