Numérique et innovation sociale, traits d'union entre la France et l'Afrique

Mila Ta ninga

Rencontres numérique Bordeaux Afrique 2018
Mila Ta Ninga

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Rencontres numérique Bordeaux Afrique 2018
Mila Ta Ninga
"Skype est notre bureau", assure Isabelle Berrier, invitée des 4es Rencontres des entrepreneurs du numérique Afrique France (1). La présidente fondatrice de Welcoming Diasporas ne tarit pas d'éloges en ce qui concerne la dématérialisation de la communication entre les entreprises françaises et celles du continent africain. Elle constate que les relations commerciales entre la France et l'Afrique subsaharienne notamment, sont en train de prendre le tournant du numérique.
Ce constat des bienfaits du numérique dans les relations entre le continent africain et la France est le même pour Hatoumata Magassa, responsable de programmes Diasporas & incubations à Bond'Innov et Afriqu'Innov :
D'autres projets comme la plateforme dédiée au développement des échanges professionnels entre femmes bordelaises et africaines du numérique mise en place par LConnect "a permis de connecter des femmes qui n'osaient pas se retrouver entre elles", assure Audrey Guidez, membre de l'association bordelaise. Des projets qui émergent également grâce à l'ouverture de data centers un peu partout en Afrique notamment au Cameroun et au Sénégal. De plus, depuis l'an dernier l'ESA, l'agence spatiale européenne, donne accès librement à ses images, vidéos et données. Soit 15 ans d'innovations et de recherche à disposition pour innover, notamment avec la possibilité d'utiliser une géolocalisation précise.
Les entrepreneurs africains font le pari qu'il faut développer et améliorer les idées déjà en place grâce au numérique. Ainsi, pour Isabelle Berrier, "l'innovation sociale prend tout son sens dans le numérique, surtout quand on voit les nombreux entrepreneurs présents sur le continent".
Les plateformes dédiées à l'échange et l'autoformation dont les données sont en open sources permettent également d'éviter les écueils, les erreurs et de mettre à contributions des données importantes. Mais, les zones blanches sont encore nombreuses sur le territoire africain rappelle David Bled, fondateur de Newmips, startup bordelaise qui permet de créer facilement ses applications métiers à partir d'un système automate. Newmips est d'ailleurs en train de créer une solution pour travailler avec un web déconnecté.
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C'est en avançant avec cette idée d'une innovation sociale s'appuyant sur le numérique que 11 jeunes startups africaines, sont venues en résidence pendant 3 semaines en France, dans le cadre du programme de résidence entrepreneuriale de Bordeaux-Afrique (2). Pour cette édition 2018, les jeunes pousses sont venues du Burkina Faso, Mali, Sénégal, Côte d'Ivoire, Bénin, Cameroun, pour rencontrer des investisseurs à Paris et à Bordeaux, mais également échanger avec des professionnels de leurs secteurs et d'autres acteurs économiques bordelais, comme l'école de commerce Kedge ou le cabinet de consultants Mazars. Une aubaine pour la fondatrice de la startup Vox Pop, Jessy Mbamba. La startup de cette jeune Camerounaise est tournée vers le marketing digital des entreprises de son pays. Cette agence de communication 2.0 veut "donner de la voix aux TPE et PME africaines pour qu'elles soient concurrentielles sur le marché national voire international". Car "une des problématiques principales que nous avons décidé de porter est la communication, explique-t-elle. Il y a les problématiques de financement, de compétences et de temps. Mon agence leur propose des services de communication mutualisés. C'est à dire que nous mutualisons les moyens humains, mais aussi les données. Nous avons une plateforme numérique dans laquelle nous mettons à disposition des services de marketing digital mutualisés. Un étudiant, un professionnel, peut depuis Paris ou Douala, gérer sa TPE ou sa PME." Sa venue en France lui a permis de convenir d'un partenariat avec les étudiants de Digital campus et des TPE camerounaises via la mise en place d'une plateforme de community management.
Tous sont partis d'un constat d'une situation dans leurs pays, se sont inspirés de solutions existantes mais mal adaptées pour développer leurs idées. Par exemple, Boubakar Keïta, un jeune entrepreneur de Bamako (Mali) a trouvé une solution pour faire des envois sécurisés de dossiers médicaux via SMS, il développe aussi une application pour lutter contre l'insalubrité dans la capitale, qui permet d'envoyer des signalements à des agents qui pourront réfléchir à des solutions plus globales que ponctuelles. D'autres entrepreneurs sont tournés vers le lavage de voiture à domicile ou trouvent une solution informatique pour que les pharmacies puissent mettre à disposition la géolocalisation de stocks de médicaments. D'autres encore s'engagent à créer des semences de maïs africaines afin de développer le secteur.
Tous ont l'ambition de travailler à moyen et long terme à l'intercontinental et pourquoi pas proposer leurs solutions à l'international.
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(1) Les Journées nationales des diasporas africaines sont organisé par la mairie de Bordeaux, le Club Bordeaux-Cameroun-France en partenariat avec Air France, Orange et Bordeaux Métropole. Les Rencontres d'entrepreneurs du numérique Afrique-France sont organisées par la mairie de Bordeaux et l'association Bordeaux Entrepreneurs.
(2) Ce programme existe depuis 2013 et est soutenu par la ville de Bordeaux, Bordeaux Métropole, le club Bordeaux-Cameroun-France, Air France et Orange.
Mila Ta ninga
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