Mirakl va ouvrir un centre de R&D de 50 personnes à Bordeaux

Mikaël Lozano

Mirakl a conservé ses attaches françaises, et particulièrement son ingénierie, en France.
Mirakl

Mikaël Lozano

Mirakl a conservé ses attaches françaises, et particulièrement son ingénierie, en France.
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Assez peu connue du grand public, Mirakl est pourtant bien installée dans l'univers du e-commerce. Créée en 2012 par Philippe Corrot et Adrien Nussenbaum, la jeune pousse produit un logiciel qui permet d'éditer puis de gérer sa propre marketplace. Pour faire simple, l'exemple d'Amazon est le plus parlant : aujourd'hui, le géant américain réalise plus de la moitié de son activité e-commerce grâce à sa place de marché, où des milliers d'articles sont mis en vente par des acteurs tiers. Cdiscount est également une bonne illustration : l'acteur français mise beaucoup sur sa place de marché, qui enregistre une croissance à deux chiffres et pèse 36 % de son activité. Tant et si bien qu'il l'a connectée il y a quelques semaines avec d'autres marketplaces européennes, de manière à faire gonfler le stock de produits à la vente.
Si ces grands acteurs numériques ont été précurseurs, Mirakl s'adresse aux entreprises qui n'ont ni les compétences, ni les moyens de créer leurs propres solutions logicielles maisons. La startup propose des outils en mode Saas (accessibles en ligne via un abonnement) pouvant être déployés facilement et rapidement. On la retrouve ainsi derrière certaines marketplaces françaises (Carrefour, Fnac, Wallmart, Nature&Découvertes, Auchan...) ainsi qu'à l'international, où elle réalise 75 % de son activité aujourd'hui. "Nous avons aujourd'hui validé le modèle, en France mais aussi à l'étranger où nous avons par exemple travaillé avec Best Buy au Canada ou Wallmart au Mexique. Nous observons également depuis 2018 une deuxième phase s'installer, celle du e-commerce BtoB, entre entreprises. Nous comptons plusieurs clients tels qu'un constructeur de trains, de chariots élévateurs, ou encore Satair, qui vend des pièces détachées d'Airbus...", explique Philippe Corrot. L'étude parue en août dernier associant la startup, le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger et Webhelp Payment Services estime ainsi que "les marketplaces B2B se déploient toujours à une vitesse considérable. Deux des plus grands acteurs mondiaux, Alibaba et Amazon, génèrent respectivement 11 milliards et 4 milliards de dollars sur leurs plateformes destinées aux professionnels. En 2017, le e-commerce B2B a atteint un volume de 7.600 milliards de dollars de ventes dont 80 % sont réalisées en Asie. Toutefois, l'Amérique du Nord suit de près avec +12% de taux de croissance annuel moyen. L'Europe, quant à elle, devrait suivre le mouvement et adopter le modèle de manière plus significative d'ici peu."
Après avoir passé le cap des 200 salariés, la société entend continuer à accélérer d'autant plus qu'elle voit "une vague anti-Amazon se préparer". Sa proposition repose justement sur cet axe : "donner aux entreprises des armes technologiques pour riposter" face au bulldozer américain et les inciter à former elles-mêmes un réseau. Plusieurs verticales sont déjà clientes : aéronautique, industrie manufacturière, hôtellerie...
Si son marché est mondial et qu'elle compte des bureaux à Boston, Londres ou encore Sao Polo, Mirakl conserve ses attaches dans l'Hexagone et s'apprête même à les renforcer avec la création au premier semestre 2020 d'un centre de recherche et développement à Bordeaux.
Mirakl envisage de gérer via sa plateforme 3 milliards de dollars de transaction en 2020. Bordeaux a été choisi pour plusieurs raisons :
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"Tout collaborateur qui rejoindra les bureaux bordelais débutera sa mission dans les locaux parisiens: découverte du produit, onboarding auprès des équipes, partage de savoir-faire sont prévus et sont fondamentaux pour une bonne prise de poste chez Mirakl", ajoute Noëlla Gavier, directrice des ressources humaines.
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Mikaël Lozano