Girondins de Bordeaux :l'opposant Patrick Bobet veut un plan d'urgence, Alain Anziani promet de l'aide
Jean-Philippe Déjean

Des supporters toujours en première ligne.
Agence APPA
Jean-Philippe Déjean

Des supporters toujours en première ligne.
Agence APPA
L'annonce fracassante ce jeudi 22 avril de l'arrêt du financement du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB) par son nouveau propriétaire, King Street Capital (groupe King Street), a été précédée par un petit épisode sans lien direct avec la mise du FCGB sous la protection du tribunal de commerce de Bordeaux, qui donne pourtant la tonalité de la situation.
Il y a une semaine presque jour pour jour le président du FCGB, Frédéric Longuépée, a ainsi porté plainte contre X à la suite d'une campagne de dénigrement qui s'étalait encore le 22 avril sur quelques murs de la ville, sous forme d'affiches appelant -comme dans un western- à la capture du président du club moyennant une prime de 40.000 euros, qui serait une référence au montant de son salaire mensuel.
Cette mésentente persistante entre le nouveau président des Girondins de Bordeaux, accusé par ses adversaires d'être un transfuge du PSG, et les supporters du groupe des Ultramarines (depuis des années à l'avant-garde de la lutte contre le racisme et les discriminations dans le monde du football) n'est pour rien dans le retrait de King Street Capital du club. Elle illustre néanmoins à sa manière la profondeur du divorce creusé en quelques mois entre le club et ses supporters, puis une bonne partie de la ville.
Florian Brunet, leader des Ultramarines, avait précisé le 27 juin 2020, sa vision de ce qu'est, ou plutôt n'est pas, un club de football professionnel. Ceci à la suite de la manifestation organisée par les supporters à Bordeaux ce même jour, avec près de 3.000 personnes, pour demander le renvoi du président Longuépée, avec le soutien du maire (EELV) de Bordeaux, Pierre Hurmic.
Face à une situation qui met désormais en jeu "le pronostic vital" du club, les Ultramarines appellent d'ailleurs à un nouvelle mobilisation, un "Acte 2", ce samedi 24 avril 2021 à 15 heures place Pey-Berland à Bordeaux.
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Les tensions autour de la solidité du plan de reprise du FCGB validé en 2018 par Bordeaux Métropole et son président d'alors, Alain Juppé, au profit du fonds GACP (après accord avec le groupe M6), puis King Street Capital, filiale de King Street (18 milliards d'actifs sous gestion), ne vont pas cesser de se multiplier jusqu'à ce que le déclenchement de la mise en cessation de paiement du club se rapproche. Un club racheté pour 100 millions d'euros au groupe M6 par les Américains, qui ont ensuite injecté 48 millions d'euros de liquidités en trois ans.
D'ores et déjà Patrick Bobet, président de Métropole communes, coalition des forces d'opposition du centre et de droite, a exprimé ce vendredi 23 avril, l'urgence qu'il y a selon lui à passer à l'action, dans un courrier adressé au président (PS) de Bordeaux Métropole : Alain Anziani.
Il oriente ensuite clairement le cap de sa missive pour aller éperonner son adversaire numéro un, qui n'est autre que le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, pilier EELV de l'alliance métropolitaine entre socialistes et écologistes. Des alliés qui ne sont pas toujours d'accord et entre lesquels Métropole communes aime bien s'immiscer.
Il faut dire que Pierre Hurmic est, avec l'élu socialiste Matthieu Rouveyre (conseiller municipal à Bordeaux et conseiller métropolitain), l'un des élus qui se sont opposés avec le plus d'acharnement aux conditions de reprise du FCGB par le fonds américain GACP. Ce qui n'a pas été vraiment le cas d'Alain Anziani, à l'époque dans l'opposition.
Ce vendredi 23 avril étant une journée à rebondissements, Pierre Hurmic a indiqué au micro de France Bleu Gironde avoir eu des contacts ce même jour avec deux des repreneurs déclarés les plus solides pour une reprise éventuelle du club : Pascal Rigo et Bruno Fievet. Parce que malgré ses positions négativement tranchées sur le contrat de 2018 négocié par M6 pour le FCGB avec le repreneur GACP, le maire de Bordeaux a lui aussi des idées et pencherait pour une nouvelle organisation du club de football sur le modèle des socios en Espagne. Le statut de Société coopérative d'intérêt collectif (Scic) est également cité du côté de la mairie.
Ce qui conduit Patrick Bobet à préciser sa pensée et à enjoindre au président de Bordeaux Métropole de se positionner dans le bon sens.
Si le président de Bordeaux Métropole n'a pas officiellement répondu à Patrick Bobet, Alain Anziani a fait connaître son analyse de la situation du FCGB en milieu d'après-midi ce vendredi 23 avril. Il met tout d'abord en avant l'importance des liens entre la Métropole et le FCGB.
Il évoque ensuite "la dégradation constante de la situation des Girondins depuis une dizaine d'années" jusqu'au placement du FCGB sous protection du tribunal de commerce de Bordeaux. Rappelant au passage que le club en a vu d'autres par le passé et lançant un appel à la mobilisation de tous les "acteurs concernés", puisque la crise touche l'ensemble des clubs de football professionnels.
La chute de cette intervention du président de la Métropole pourrait être interprétée de façon ambivalente puisqu'elle commence comme une harangue de coach avant le match crucial contre Lorient ce dimanche.
C'est la suite qui pourrait prêter à interprétation, puisque le président entend prendre date avec le match de Lorient.
Pour faire bonne mesure et apporter encore un peu plus d'ombre à ce tableau chaotique, la revue France Football, généralement bien informée, dit avoir appris ce jeudi 22 avril en fin de journée que King Street négocie, en compagnie de Fortress Investment Group (52,7 milliards de dollars d'actifs sous gestion/tous segments confondus), son puissant allié aux Girondins de Bordeaux, et un autre fond, un prêt de 250 millions d'euros au club Inter Milan. Ce qui implique, selon France Football, que King Street Capital serait depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire plus, en négociation financière avec le club italien.
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Sachant que ces tractations ne devraient pas être confirmées par les intéressés, avant la fin de la saison. Les représentants de la famille chinoise propriétaire de l'Inter Milan, les Zhang, se montrent très prudents, dans une gestion du club qu'ils dessinent au cordeau. Les temps étant durs pour tout le monde. Ce qui ne fait que donner du crédit à l'hypothèse d'une opération de refinancement du club, présidé par Steven Zhang, qui se porte bien sur le plan sportif.
Jean-Philippe Déjean