A l'entrée de Lacanau Océan, deux équipements font tout de suite comprendre le caractère touristique de la ville littorale. Le casino, revigoré après une fermeture pendant le Covid, et les pistes cyclables dont les usagers convergent forcément vers les plages océanes. L'odeur des pins maritimes, d'une douceur subtile en ce mois de juillet, parachève l'invitation balnéaire jusqu'au front de mer, où se retrouvent les estivants pas perturbés par les feux qui ont cours à une centaine de kilomètres et ravagent le nord de la forêt landaise. À Lacanau, l'urgence n'est pas incendiaire mais abrasive. Les touristes, à raison, n'y accordent guère plus d'attention. À travers les bouillonnements infernaux du golfe de Gascogne, l'océan se nourrit des dunes de part et d'autre du front urbain. Jusqu'à menacer les enrochements censés protéger temporairement l'écrin balnéaire.
A sa pointe, défiant les rouleaux marins, le Kayok, célèbre institution restauratrice de Lacanau. L'établissement tourne à plein régime cet été mais, alors qu'il a presque les pieds dans l'eau, ses gérants s'inquiètent. Non pas de l'érosion, mais bien de la pénurie de travailleurs saisonniers. Difficile de recruter depuis la sortie de la crise Covid. Du reste, rien à signaler. Les responsables n'envisagent pas la fermeture de leur établissement même si le littoral est en sursis. A l'heure actuelle, aucun outil juridique et financier ne leur permettrait d'engager un repli irréversible. C'est pourtant bien une des deux stratégies envisagées par la municipalité à l'horizon 2050 pour s'affranchir des risques d'érosion amplifiés par le dérèglement climatique.