Ce qui départage des candidats à compétences égales
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
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« La différence se fait sur ce qui, en recrutement, est marginal, c'est l'histoire des 80/20 : 80% d'objectif, 20% de subjectif, le choix premier d'un manager ou d'un patron se joue sur l'envie de travailler avec quelqu'un », souligne Thierry Andrieux, fondateur d'Humanessence.
Le subjectif fait qu'on a plus ou moins le « feeling » avec un candidat. En matière de savoir-être, bien que les attentes soient propres à chaque entreprise et dépendent du type de poste, des tendances actuelles ressortent. Béatrice Louvet, directrice générale du Groupe Transition, constate :
Le salaire par exemple est un point où votre cohérence peut-être mise à mal, votre dernière fiche de paie ne doit pas contredire vos arguments pour justifier vos prétentions.
Les entreprises aiment bien les talents et la réussite, mais pas l'arrogance, selon Thierry Andrieux qui ajoute :
Plutôt que de détailler davantage le portrait-robot du « bon » candidat, nous vous invitons à poser un regard sur vous-même, un regard critique et bienveillant. Le but de l'exercice est de prendre conscience de votre façon d'être et de développer une finesse d'analyse des situations et des personnes qui aide à convaincre et séduire : si je suis trop bavard, vais-je agacer ?, si je suis trop réservé, est-ce que je passe pour quelqu'un de pas assez généreux ?, si je suis une force tranquille, est-ce que je montre suffisamment ma motivation?
Vous êtes dans la short-list donc, a priori, motivé. Mais, jusqu'au bout, il faut le prouver, pas seulement le déclarer. « La pertinence des questions posées montre que le candidat ne subit pas l'entretien, qu'il est motivé et a une capacité à se projeter durablement avec l'entreprise », pointe Béatrice Louvet.
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Pour poser des questions pertinentes, il faut s'être renseigné sur la société, cette évidence n'en est pas une pour tous les candidats, même finalistes.
Des questions « macro », sur la stratégie de l'entreprise par exemple, ou sur l'organisation du service ou vous postulez, sont pertinentes, celles qui portent sur le restaurant d'entreprise ou l'existence d'un fumoir, pas du tout.
It's Now or Never chantait Elvis au siècle dernier. Un refrain très en vogue en 2015, où l'entreprise ne voit pas au-delà de trois mois, où son besoin se manifeste maintenant et ne sera peut-être plus le même ensuite. Béatrice Louvet observe :
Cela concerne plus particulièrement les entreprises américaines. Elles aiment les gens « dévoués » en termes de temps, de travail global.
D'où l'importance, quand on est dans ce cas, d'avoir rassuré bien en amont sur son sens de l'organisation, « pour que ce soit un faux problème et que la décision finale ne dépende pas de ce critère », rappelle Béatrice Louvet.
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Disons-le tout net, les entreprises en ont ras-le-bol de gérer les retards et les absences. Elles estiment aussi que « le candidat qui habite le plus près sera a priori le plus en forme et le plus libre », note Thierry Andrieux.
Enfin, la prise de références aide aussi à trancher. Ou bien, l'équipe. Thierry Andrieux conclut :
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune