Pour négocier sa rémunération, savoir ce qu’on veut ne suffit pas
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
Les recruteurs sont unanimes : pour savoir ce qu'on veut, il faut savoir ce qu'on vaut sur le marché de l'emploi.
Pour ce faire, allez à plusieurs sources d'information : les enquêtes salaire des cabinets de recrutement et de la presse ; les applications mobiles qui existent pour certains métiers ; votre réseau et, pourquoi pas, bien que cela semble délicat au pays où on ne parle pas volontiers d'argent, des personnes en poste dans l'entreprise qui recrute ou chez ses concurrents.
Olivier Warrot, directeur commercial chez Xerox et auteur de Sachez vous vendre !(Studyrama, décembre 2014), a testé la démarche :
La démarche est beaucoup mieux accueillie qu'on ne le pense, à condition d'y mettre les formes, évidemment :
Bien mesurer sa valeur sur le marché de l'emploi avant l'entretien est une base, une valeur qui s'établit au regard de son expérience, de ses compétences, de sa formation, du poste, etc.
Cela évite aussi de mauvaises surprises à ceux qui ont été longtemps en poste dans la même entreprise, dont le niveau de salaire n'est plus praticable dans un marché qui a baissé.
Savoir se positionner sur le marché a beau être une base, elle est négligée par trop de candidats, comme l'observe Judith Tripard, consultante senior chez Clémentine :
S'informer fait aussi comprendre qu'une fourchette annoncée n'est pas un dû, que les écarts de salaires pour un même poste ont des explications multifactorielles qu'il est important d'avoir en tête : niveau d'expérience, diplôme, poste en région ou à Paris, rareté du profil, etc.
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Pendant l'entretien, le candidat se demande légitimement quand ce point sera abordé et par qui. Il faut d'abord avoir en tête que ce que l'on considère comme un moment précis consacré à la rémunération est en fait l'ensemble de l'entretien.
Avant même de parler argent, « on affirme ses compétences, ses motivations, sa valeur ajoutée, c'est le meilleur moyen de soutenir ensuite ses prétentions », estime Grégory Lachmany.
Si l'usage fait que le recruteur prend l'initiative de parler de la rémunération le premier, il n'est pas interdit de bousculer l'usage.
Un recruteur qui n'aborde pas ce point n'a a priori pas "acheté" votre candidature. Toutefois la lenteur des process de recrutement, les différences d'attitudes d'un recruteur à l'autre permettent de ne pas conclure définitivement.
La souplesse et l'ouverture sont de mise. Comme le recruteur, vous avez une marge de négociation. Il faut d'abord savoir le niveau en dessous duquel vous refuserez le poste. Vous avez donc fait le point avant l'entretien sur ce dont vous avez besoin en termes matériels mais aussi en termes de motivation.
La précision est aussi votre alliée. Le recruteur voudra connaître votre dernier salaire. Certains packages peuvent être très détaillés:
Si vous refusez de communiquer ces éléments, argumentez votre refus sans vous braquer - par exemple, vous estimez que votre dernier salaire n'est pas représentatif car vous étiez en poste à l'étranger.
Beaucoup d'entreprises demandent aux candidats de fournir leurs derniers bulletins de paie, rien ne vous y oblige, sachez cependant que si cela fait partie de leur process de recrutement, vous en serez probablement exclu si vous refusez.
Sans vous brader, ne passez pas à côté d'une belle opportunité dont vous auriez négligé les avantages, ne raisonnez pas qu'en termes de salaire. Isabelle Capart ajoute :
Dans cette négociation, il s'agit d'être diplomate et calme, ferme et souple. Si ces attitudes ne garantissent pas le résultat, l'intransigeance, la prétention, le fait de gonfler son précédent salaire, la désinvolture, font perdre toutes ses chances à un candidat, même arrivé en finale.
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La confiance enfin, que vous pouvez afficher car vous avez fait le point sur votre valeur sur le marché, sur vos compétences et vos motivations, joue un grand rôle. C'est parce qu'elle fait défaut aux personnes qui cherchent un job depuis trop longtemps qu'avec Grégory Lachmany, nous concluons en leur donnant ce conseil :
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