Candidats : êtes-vous PME ou plutôt grand groupe ?

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PME, grands groupes, que préférez-vous ?
PME, grands groupes, que préférez-vous ? (Crédits : Reuters)
Faut-il des qualités particulières pour évoluer dans une PME, d’autres pour évoluer dans un grand groupe ? Autant d’entreprises, autant d’attentes différentes. Pour vous aider à vous projeter dans un de ces environnements, on peut néanmoins en distinguer quelques-unes.

C'est réducteur un titre. Ça voudrait vous faire rentrer dans une case (PME) ou dans une autre (multinationale) que ça ne s'y prendrait pas autrement. Heureusement nos interlocuteurs veillent et, tout en nuance, rappellent que la culture de certains grands groupes peut s'apparenter à celle d'une PME et que les aptitudes recherchées chez un candidat pour travailler dans une PME peuvent aussi intéresser une très grande organisation. Rien n'est donc gravé dans le marbre.

 

Polyvalence et adaptabilité : plus que des qualités, des pré-requis en PME

 

« Certaines qualités sont cependant indispensables pour évoluer dans une PME », note Philippine Bodineau, DRH du groupe Abilways, PME de 300 personnes, multi-spécialiste de la formation continue. Et de citer les principales : une polyvalence certaine, une grande adaptabilité et réactivité, un esprit créatif, c'est-à-dire une faculté à faire part de ses idées, quel que soit le niveau de poste, un des signes auquel on reconnaît l'esprit d'équipe. « Plus que des qualités, la polyvalence et l'adaptabilité sont des pré-requis. Parce qu'une PME dispose de moins de ressources qu'un grand groupe, les contours d'un poste sont moins figés, on est plus à même de faire bouger les lignes », précise-t-elle.

 

On peut aussi se dire avec Nicolas Ghislain, responsable régional Nord Pas-de-Calais chez Fed Finance, « qu'il y a une nécessité à savoir d'autant mieux s'intégrer dans une équipe qu'elle est petite et que la polyvalence permet d'avoir une vue sur les tenants et aboutissants d'une fonction, en contrôle de gestion par exemple, la vue sera globale en PME alors qu'elle sera généralement limitée au périmètre du poste dans un grand groupe ». Une PME attendra également de vous que vous soyez très rapidement opérationnel ; on parle de cycle d'intégration court, « l'entreprise recrute pour un poste précis, elle n'a pas de pépinière de hauts potentiels comme un grand groupe », complète Philippine Bodineau. Un jeune diplômé par exemple, s'il a effectué des stages variés et suffisamment nombreux sera rapidement opérationnel. Et comme une PME doit réagir extrêmement vite aux demandes des clients, les candidats agiles - en termes de posture intellectuelle - sont particulièrement bienvenus.

 

Par ailleurs, comme il y a beaucoup moins de processus dans une PME que dans une très grande entreprise, « il faut savoir aller chercher l'information, être curieux, ouvert d'esprit, prendre certaines initiatives, être prêt à réaliser d'autres tâches que celles prévues au départ », pointe Nicolas Ghislain. Écrire ceci et préciser que les initiatives doivent être mesurées (le management peut en effet avoir un rapport ambigu à la prise d'initiative) et qu'il ne s'agit pas de faire le double de travail sous prétexte qu'on est adaptable ; nous parlons plutôt de capacité à donner un coup de collier quand c'est nécessaire au lieu de quitter son poste parce que c'est l'heure. « Qui dit équipe restreinte, dit nécessité parfois de se serrer les coudes, on a besoin de personnes qui se sentent dans le même bateau, qui plus est dans le contexte actuel », confirme Philippine Bodineau. Enfin, la diversité des interlocuteurs peut être importante dans une PME, on n'est pas toujours entre pairs, il s'agit donc d'être capable de s'adapter à chacun.

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Savoir prendre du recul par rapport à ses compétences : une attitude utile dans un grand groupe

 

Dans un grand groupe, les qualités recherchées dépendront notamment du poste. Nicolas Ghislain note toutefois une tendance actuelle : « Les grandes entreprises recrutent des candidats qui ont un minimum d'ambition, c'est-à-dire qui ont envie d'apprendre et qui sont conscients de devoir faire leurs preuves. Qui ne se disent pas qu'une fois intégrés, ils vont s'installer dans leur poste ». C'est également un environnement où un certain sens politique peut être utile. Non celui qui fait les arrivistes mais celui qui rend conscient de la concurrence interne. « Il s'agit d'y mettre du sien pour progresser, de savoir parler aux bonnes personnes, de se montrer ainsi que ses compétences », explique-t-il.

 

Il est bon de savoir quand on intègre un grand groupe qu'il a une histoire, parfois séculaire, voire multiséculaire, tout n'est pas à inventer. C'est un environnement qui demande une capacité à rentrer dans les rangs ou du moins une capacité à prendre du recul par rapport à ses compétences : « Les processus y sont huilés, ont fait leur preuve, il faut se plier à leurs règles. » Cela ne fait pas de vous un petit soldat mais peut, au bout d'un moment, générer de la frustration car les fonctions sont très compartimentées. Cependant, un grand groupe peut vous offrir des possibilités d'évolution et saura répondre plus facilement qu'une PME à ce ressenti.

 

Le moment arrive parfois où l'on souhaite quitter l'environnement grand groupe, se dégager de la lourdeur des process, se sentir exister davantage qu'un numéro. Comme de vouloir parcourir le chemin inverse en partant d'une PME, pour avoir plus de moyens, plus de possibilités d'évolution. Si pour Philippine Bodineau, « un grand groupe a tout à gagner à intégrer un profil expérimenté venant d'une PME », Nicolas Ghislain modère cet avis : « Ce n'est pas toujours aussi simple car la capacité d'un collaborateur de PME à accepter les process peut être mise en doute par un groupe ». Comme un PME peut s'interroger sur les capacités d'un profil grand groupe à accepter qu'il y ait moins d'échelons hiérarchiques et à mettre les mains dans le cambouis (cela peut consister à décrocher un téléphone à la place du standardiste s'il est absent).

 

Rien d'écrit dans le marbre, nous l'avons dit. Vraiment rien ? Ah si, une chose : PME et grands groupes attendent de leurs collaborateurs qu'ils aient envie de travailler.

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