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« Ma priorité : il nous faut des postes et des m2 » (Anne Fraïsse, Université Paul Valéry)

Photo de Cécile Chaigneau

Cécile Chaigneau

Publié le 19 janvier 2021 à 13:14 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 23:51

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Anne Fraïsse, présidente de l'Université Paul Valéry à Montpellier

Anne Fraïsse, nouvelle présidente de l'Université Paul Valéry à Montpellier.

Université Paul Valéry

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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INTERVIEW. Anne Fraïsse prend ses nouvelles fonctions de présidente de l’Université Paul Valéry de Montpellier, un établissement qu’elle a déjà présidé durant huit années entre 2008 et 2016. Connue pour ses prises de positions affirmées, la nouvelle présidente s’engage sur une mandature des conditions difficiles, avec une crise Covid qui s’éternise et, à quelques jours du début du 2e semestre, met à mal les étudiants.

La Tribune - Vous venez de prendre vos fonctions de présidente de l'Université Paul Valéry (Lettres, Arts, Langues et Sciences humaines et sociales), qui emploie 1.250 personnels, dont 732 enseignants chercheurs et près de 1.190 chargés de cours, et accueille 23.000 étudiants. La crise sanitaire place nombre d'entre eux en situation d'isolement social, de détresse psychologique ou de décrochage. Qu'observez-vous ?

Anne Fraïsse* - Aujourd'hui, il n'y a quasiment pas d'étudiants sur le campus... Ils sont dans des situations variées. Certains ont rendu leur chambre en ville. Nous avons fait une enquête en décembre pour évaluer leur volonté de revenir en cours en présentiel ou non.  Même s'il a une majorité qui est favorable à revenir au présentiel, ce n'est pas le cas de tous. Dans certaines UFR, 75% le souhaitent, dans d'autres, c'est l'inverse. En moyenne, 57% aimeraient reprendre les cours en présentiel.

Que fait l'université pour les accompagner ?

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Nous sommes parmi les seuls à essayer de prendre en compte le point de vue de l'étudiant. Nous souhaiterions éviter d'imposer une obligation, mais c'est très difficile à mettre en place. D'abord en raison de la liberté pédagogique des enseignants, et ensuite parce qu'organiser des cours en partie en présentiel et en partie en distanciel à la fois demande beaucoup de travail. Nous voulons proposer un système pour les étudiants les plus fragiles économiquement mais ce système en distanciel ne doit pas être pérenne. Pour le présentiel, le couvre-feu instauré à 18 h nous prive d'un certain nombre de créneaux horaires, et on ne sait pas si ces mesures ne seront pas changées dans quinze jours. Les cours du 2e semestre vont démarrer le 25 janvier pour les étudiants de 1e année, en distanciel pour tous les autres. Pour les cours en distanciel, nous avons créé un statut particulier, inspiré du statut de dispensés d'assiduité et qu'on appelle dispensés exceptionnels de présence pour un semestre... Nous avons donné une autre règle : les examens de fin d'année se passeront en présentiel pour tout le monde, pour des raisons techniques - il faut que tous les étudiants passent les mêmes examens - mais aussi parce que les enseignants sont inquiets : les taux de réussite sont plutôt supérieurs, contrairement à ce que disent les étudiants, mais passer les examens chez soi ne permet pas de mesurer la mémorisation et donc les acquis réels. Or au bout de deux ou trois semestres, on est réellement inquiets sur la réalité de ces acquis.

Cécile Chaigneau

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