Les évolutions règlementaires des vingt dernières années en termes de financement ont plongé les établissements d'enseignement supérieur et de recherche dans la difficulté. Lors de la rentrée 2023, Michel Deneken, le président de l'Université de Strasbourg, alertait sur les difficultés budgétaires dans pratiquement toutes les universités, affirmant qu'« elles seront toutes en déficit d'ici un ou deux ans ». En cause une inadéquation des financements depuis le passage à l'autonomie des universités avec la loi Pécresse promulguée en 2007...
Au début du mois de mars, l'Université Paul Valéry Montpellier 3 (arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales), qui accueille quelque 23.000 étudiants chaque année (dont 22.000 en LMD licence-master-doctorat), annonçait avoir été distinguée parmi les universités et écoles d'ingénieurs françaises ayant fait progresser leurs ressources propres entre 2016 et 2022.
«Durant cette période, les ressources propres de notre université ont fortement augmenté, passant de 14% de ses ressources globales en 2016, à 19% en 2019, puis 30% en 2022, ce qui représente en 2022, 35,5 millions d'euros sur 118 millions d'euros au total, contre 14 millions d'euros en 2016 et 21 millions d'euros en 2019,précisait alors l'établissement dans un communiqué.De toutes les universités de lettres et SHS recensées dans cette étude, c'est l'Université Paul-Valéry qui enregistre la plus forte progression et qui est de loin en tête, les autres établissements se situant entre 11% et 21%. Elle est au 14e rang de l'ensemble des universités, c'est-à-dire dans les premiers 20%. »
Une bonne nouvelle ? Oui mais qui ne dissimule point les difficultés persistantes de financement de l'établissement d'enseignement supérieur et de recherche montpelliérain... L'université Paul Valéry annonce un budget de fonctionnement de 118 millions d'euros, avec une subvention pour charge de service public (SCSP) d'à peine 100 millions d'euros. Une dotation annuelle dont la présidente de l'université, Anne Fraisse, rappelle qu'elle n'a vocation qu'à financer les missions de service public d'enseignement (dont les salaires des personnels et le fonctionnement).