Sur le secteur de la cybersécurité, la guerre des compétences fait rage. A Montpellier, Devensys Cybersecurity a mis en place une politique RH à même de faciliter les recrutements mais aussi de préserver ses talents. Salaires fixes pour tous, actionnariat ouvert aux salariés, 4,5 jours de travail, etc. Le cofondateur Alexandre Marguerite s’explique.Plus de doute : la conscience du danger cyber a fait son chemin dans le monde de l'entreprise, même si la route est encore longue, notamment dans les PME... L'entreprise de service numérique montpelliéraine Devensys Cybersecurity (créée il y a neuf ans et qui compte aussi un bureau à Paris) s'est spécialisée dans les domaines des tests d'intrusion, de la sécurité cloud et infrastructure et de la sécurité managée. Elle compte parmi ses clients des PME mais aussi des institutionnels et des grands groupes (Crédit Agricole, Groupama, Swile, Dataiku, Groupe Roullier, Vinci, l'OTANn...).
Alexandre Marguerite, l'un des trois cofondateurs de Devensys Cybersecurity et son directeur général, annonce une croissance de plus de 500% entre 2017 et 2021, soit une multiplication par huit de son chiffre d'affaires, notamment passé de 3,4 millions d'euros en 2020 à 4,85 millions d'euros en 2021.
«Au premier semestre 2022, l'entreprise a déjà gagné 34% de croissance par rapport au premier semestre 2021 et nous prévoyons un chiffre d'affaires de 6,3 millions d'euros en 2022», ajoute Alexandre Marguerite.
Ne pas conditionner la performance commerciale
L'entreprise emploie aujourd'hui une quarantaine de salariés, et vient de nommer, par évolution interne, Adrien Giuliani, 30 ans, au poste de directeur général adjoint. Alors que la guerre des compétences fait rage dans de nombreux secteurs, la cybersécurité n'y échappe pas. Alexandre Marguerite prône une politique des ressources humaines décalée par rapport aux pratiques habituelles afin de sécuriser ses effectifs, tant dans le recrutement que dans la préservation de ses salariés.
C'est ainsi que l'entreprise applique depuis quatre ans une politique de rémunération fixe pour tous, y compris pour les commerciaux, au nombre de cinq aujourd'hui.
« La rémunération fixe même chez les commerciaux permet de ne pas conditionner la performance commerciale à la rémunération variable,explique-t-il. Nos commerciaux travaillent en visant le long terme et en évitant les biais court-termistes. Nous gagnons également en efficacité commerciale puisque personne ne perd de temps à recalculer ses objectifs et chacun se concentre pleinement sur le business. Les relations entre commerciaux sont meilleures, ils peuvent s'entraider sur les dossiers... Ce mode de fonctionnement nous aide aussi dans la relation entre l'équipe technique et l'équipe commerce : les commerciaux font plus attention à ce qu'ils vont vendre et l'équipe technique part du principe que le commercial a voulu bien faire et pas seulement gagner une commission. Cela fait des équipes plus soudées et crée un cercle vertueux. Enfin, cela nous permet de faire des no-go si un projet ne nous intéresse pas. Et ça devient même un argument commercial auprès de nos clients qui savent qu'on ne va pas leur vendre quelque chose à tout prix. »