Cybersécurité : le ministre du Numérique Jean-Noël Barrot dévoile sa feuille de route

Cyberattaques contre les hôpitaux, filtre anti-arnaques, plan pour la cybersécurité des PME et des ETI, cadre européen pour le cloud... Les Universités d'été de l'association Hexatrust ont été l'occasion pour le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des télécoms de faire le point sur les chantiers qu'il va adresser en cette rentrée dans le domaine de la cybersécurité. Décryptage.
François Manens
Jean-Noël Barrot.
Jean-Noël Barrot. (Crédits : DR)

Réunion de rentrée pour l'écosystème de la cybersécurité. A l'occasion des Universités d'été de l'association Hexatrust ce mardi 6 septembre, le président d'Hexatrust Jean-Noël de Galzain accueillait un plateau de personnalités, dont le directeur de l'Anssi Guillaume Poupard, le président du Campus Cyber Michel Van Den Berghe et le ministre délégué chargé de la transition numérique Jean-Noël Barrot.

Ce dernier a profité de l'événement pour faire un discours aux allures de feuille de route de rentrée. Il a esquissé les contours des mesures à venir, dans la continuité de son prédécesseur Cédric O. Sans pour l'instant entrer dans le détail.

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Déjà au chevet des hôpitaux

Un des premiers dossiers à arriver sur la table du ministre fraîchement nommé a été celui de la cybersécurité des hôpitaux. Emmanuel Macron en avait déjà fait un sujet central lors de l'annonce de son plan d'investissement de 1 milliard d'euros dans le secteur, en 2021, dans la foulée des attaques au rançongiciel réussies contre les hôpitaux de Dax et Villefranche-sur-Saône. A cette enveloppe s'est ajouté par la suite 136 millions d'euros tirés du plan France Relance.

Jean-Noël Barrot se félicite des fruits de cette politique, puisque 950 établissements publics dont les «150 plus grands hôpitaux » ont reçu des aides pour auditer leurs infrastructures et leur gouvernance, s'équiper en logiciels ou encore former leurs équipes.

Malgré ces efforts, les cybercriminels continuent à frapper avec succès. Jean-Noël Barrot s'est ainsi déplacé fin août au chevet de l'hôpital de Corbeilles-Essonne, contraint à un retour au papier et au stylo par un rançongiciel. Pour éviter que ces incidents se produisent aussi régulièrement, il a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 20 millions d'euros supplémentaires pour compléter la sécurisation les établissements « d'importance vitale ». « Nous réfléchissons à la pérennisation du dispositif », a-t-il précisé lors des Universités d'été.

Un plan pour les ETI et les PME

Après son bilan sur la situation des hôpitaux, le ministre a évoqué un plan pour « mieux accompagner les ETI et les PME » qui sera annoncé « dans les jours à venir » au Campus Cyber le nouveau bâtiment totem de l'écosystème. Plus généralement, il a fait part d'une mise jour des objectifs du gouvernement à l'horizon 2025 par rapport à ceux annoncés en 2020. Jean-Noël Barrot espère tripler le chiffre d'affaires annuel du secteur (28 milliards d'euros en 2020), faire émerger 3 licornes (startups en hypercroissance valorisées à plus d'un milliard d'euros) et créer 37.000 emplois, le tout en 3 ans.

« Je serai vigilant à ce que nous ayons les moyens de ces ambitions, et j'en surveillerai les résultats », a-t-il promis aux industriels de la cybersécurité qui se tenaient devant lui. Pour aider à atteindre certains de ces objectifs, il a également évoqué la création prochaine d'un accélérateur à destination des startups de la cybersécurité.

Autre annonce évoquée par le ministre : le lancement du filtre anti-arnaques, présenté succinctement dans le programme d'Emmanuel Macron, qui devra être « accessible à tous ». « Un filtre anti-arnaques avertira en temps réel tous les usagers d'Internet avant qu'ils ne se rendent sur un site potentiellement piégé », indiquait la profession de foi du candidat. Le député Eric Bothorel, en charge des sujets technologiques dans l'équipe de campagne, avait donné quelques précisions sur le dispositif en mars : il s'agirait d'un filtre nourri par une liste noire de sites dangereux, qui pourrait être activé et désactivé par chaque internaute français. Le blocage des sites problématiques se ferait au niveau des fournisseurs d'accès à Internet (Orange, Bouygues, SFR...). Mais plusieurs détails techniques sur la mise en œuvre de ce filtre restent à définir.

Des annonces pour un cloud européen la semaine prochaine

Pour conclure son discours, Jean-Noël Barrot a promis des annonces sur le cloud la semaine prochaine. Le ministre n'a pas encore eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet qui fait l'objet de tensions avec les acteurs industriels français, remontés contre la stratégie Cloud de confiance, par ailleurs controversée dans ses fondements techniques.

Le ministre fera des annonces relatives à un cadre européen pour le cloud, qui vise à protéger l'intégrité des données des utilisateurs européens contre les menaces extérieures, « quelles que soient leurs origines », a-t-il insisté. Autre objectif assumé de cette politique : protéger l'avantage concurrentiel des entreprises européennes. Mais il faudra attendre la semaine prochaine pour connaître le détail derrière ces propos clinquants.

François Manens
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