Recrutement : les réseaux sociaux, un risque pour les candidats ? (2/2)

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Seuls 20% des employeurs des grandes entreprises disent qu'ils ne vérifieraient pas les profils des postulants. (Graphique : Statista**)
Seuls 20% des employeurs des grandes entreprises disent qu'ils ne vérifieraient pas les profils des postulants. (Graphique : Statista**) (Crédits : Statista)
De l’autre côté du bureau, face aux recruteurs, les salariés ou candidats à un poste doivent redoubler de vigilance quant à leur utilisation des réseaux sociaux. Leurs potentiels employeurs ont pris le réflexe de vérifier l’activité des postulants sur les réseaux sociaux.

Aujourd'hui en France, on estime aux alentours de 84% le pourcentage d'internautes présents sur les réseaux sociaux. Un chiffre qui ne cesse d'augmenter d'année en année et qui illustre une pluralité des usages. Maintien du lien avec de la famille et communication avec des amis expatriés pour un usage personnel d'une part. Publications en lien avec son activité professionnelle de l'autre... Les usages que font les internautes français sont divers et variés et se mêlent si bien que les frontières se retrouvent de plus en plus effacées. Le décloisonnement de ce qui relève de la vie perso et de ce qui appartient à la vie professionnelle semble s'entrecroiser.

Davantage encore avec la nouvelle génération, ces fameux "millennials" nés entre 1980 et 2000, un portable à la main, une tablette dans l'autre. S'il est si facile de commander des sushis via une application sur smartphone que d'envoyer une vidéo à son cousin de l'autre côté de la planète, pourquoi ne pas s'approprier les outils numériques pour trouver un travail ?

Le paradoxe entre s'informer et passer à l'acte

La population française est certes hyperconnectée, mais paradoxalement, les réseaux sociaux ne sont pas encore le premier réflexe des potentiels chercheurs d'emplois. Seuls 41% (*) d'entre eux utilisent LinkedIn, Twitter ou encore Facebook dans leur recherche tandis que c'est le cas pour 33% des salariés en poste. Les réseaux sociaux sont jugés efficaces par 45% des candidats seulement. Une nuance est cependant à faire entre « vivier d'informations » pour les candidats et outil pour postuler car, si les internautes reconnaissent volontiers que les réseaux sociaux sont une mine de données, très peu de potentielles recrues les utilisent pour envoyer leur candidature.

Le danger d'une mauvaise publication

Les internautes français auraient donc encore tendance à utiliser les réseaux sociaux davantage dans le cadre de leur vie personnelle. Mais là encore, cela peut avoir un impact sur leur carrière. En effet, la fameuse "e-reputation", dont on nous informe dès les premiers cours d'informatique à l'école, est devenue, tout naturellement, décisive dans un processus de recrutement.

En témoigne une enquête menée par YouGov : 19% des employeurs ont refusé d'engager un candidat à cause de son activité sur Internet. Un intérêt pour "l'e-reputation" des potentielles recrues qui augmente avec la taille de l'entreprise. Cela s'explique par le fait que les grandes entreprises ont davantage tendance à vérifier les profils des candidats sur les réseaux sociaux : seuls 20% des employeurs des grandes entreprises disent qu'ils ne vérifieraient pas les profils des postulants. LinkedIn et Facebook arrivent en tête des réseaux sociaux les plus vérifiés : un réflexe qu'a, près d'un employeur sur deux.

Et même, « plus qu'un réflexe, c'est devenu une consigne pour les entreprises », assure François Bouchery, directeur du pôle projet chez Umanis, entreprise de service numérique spécialisée en données et auteur de l'ebook "Mutation digitale des RH / Et le monde du travail ne sera plus jamais comme avant".

| Lire aussi : Les réseaux sociaux, un outil stratégique pour les recruteurs (1/2)

Plus concrètement, les recruteurs sont capables de refuser un candidat s'ils repèrent sur les réseaux sociaux des propos agressifs (75%), une photo ou des propos les montrant consommer de la drogue (71%), des fautes d'orthographe (56%) ou encore des photos du postulant ivre (47%).

Blancs dans le parcours professionnel et poignée de main,
plus décisifs dans un recrutement

Que les candidats accros aux réseaux sociaux se rassurent tout de même, si l'activité en ligne des candidats est importante, elle ne représente pas non plus l'argument principal pour un recruteur qui souhaite programmer un entretien. Les compétences et les connaissances restent la principale raison à 75%. Et pour le recrutement, le comportement du candidat lors de l'entretien d'embauche est déterminant à 71%. Inquiétudes secondaires pour les employeurs : les blancs d'un candidat dans son parcours professionnel (21%) ou encore, argument qui pourrait paraître dépassé et pourtant toujours présent, la poignée de main. (15%) Postulant.e.s vous voilà prévenu.e.s !

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(*) Enquête réalisée entre le 14 avril et le 2 mai 2017 par RégionsJob

(**) Un graphique de notre partenaire Statista

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Commentaires
a écrit le 19/04/2018 à 9:07 :
Et pour les homonymes, il en existe parfois dans les mêmes communes et parfois comme un de mes potes dans le même secteur d'activité, les rh font comment pour savoir qui et qui... A peu prêt sûr qu'ils ne font pas la différence, vive les embuches, doit on payer pour les homonymes qu'ont retrouvent dans la rubrique fait divers...
a écrit le 16/03/2018 à 11:33 :
"des propos agressifs (75%), une photo ou des propos les montrant consommer de la drogue (71%), des fautes d'orthographe (56%) ou encore des photos du postulant ivre (47%)"
Humm... que des faits d'ordre privé, qui n'ont rien à voir avec la capacité ou les compétences d'un candidat !
Par contre, on peut s'interroger sur la totale incompétence des RH qui auraient donc tendance à rejeter la majorité des politiciens, figures du show-business, sportifs et autres geeks !
Et eux-mêmes, que faisaient-ils de leurs loisirs en fac' ? Ils buvaient juste du lait-fraise peut-être ?
a écrit le 12/03/2018 à 15:45 :
les réseaux sociaux représentent un atout pour ceux qui cherche un emploi parce qu'ils lui permettre de se mettre en valeur cependant nous ne sommes pas tous animé des mêmes valeurs culturelles, idéologiques............et d’ailleurs certains recruteurs aiment les filles qui se mettent......................................N avec leur CV en mains et certains emplois comme aiment le signaler certains recruteurs demande un BON PHYSIQUE
a écrit le 06/02/2018 à 14:27 :
Ben avec moi, un.e candidat.e qui pratique l’écriture inclusive n'a aucune chance ! C'est la démonstration d'un caractère revendicatif, hystérique et stupide.
a écrit le 06/02/2018 à 12:56 :
d'un mec qui a trafiqué sa fiche wikipedia pour se faire passer pour ce qu'il n'était pas...

Et ca a marché. Un footballeur amateur a modifié sa fiche pour se faire passer pour un professionnel et le club lithuanien qui l'a recruté n'a pas cherché plus loin avant de s'apercevoir trop tard qu'il ne savait même pas faire une tête.

Finalement les réseaux c'est autant un piège pour le recruteur que pour le candidat.

http://www.gqmagazine.fr/lifestyle/news/articles/sa-fiche-wikipedia-bidouillee-lui-permet-de-signer-un-contrat-pro/60104
a écrit le 05/02/2018 à 16:03 :
Tout peut nuire, comme tout peut être favorable au candidat.

L'important étant l'information elle même (le parcours plus ou moins linéaire du candidat, son expérience ou ses opinions), tout autant que la lecture et l'interprétation que les recruteurs donnent à ces informations.
A partir du moment où on fait usage d'internet, chacun est à la fois récepteur et émetteur d'informations (c'est ce qui s'appelle de la communication, ou de la liberté d'expression), il serait absurde de reprocher à qui que ce soit d'utiliser l'outil, même parfois maladroitement. On peut aussi supposer que tout être humain a des idées et des opinions et qu'à un moment où à un autre, à défaut de les exprimer, elles influent malgré tout sur son comportement. Hors informations touchant à la vie privée, c'est tout de même un avantage de pouvoir détecter des profils (leader, suiveur, facilitateur, etc…) quitte à confirmer ou infirmer les tendances lors des entretiens. Cela oblige aussi les recruteurs à faire preuve de discernement dans leur sourcing et à considérer le potentiel d’évolution du candidat.
Parfois on a seulement besoin de recruter des "clones", dans ce cas une sortie du cadre peut inquiéter, parfois il faut des initiateurs ou même des provocateurs. Tout dépend du secteur d'activités et du poste.
« Sans tomber dans les préjugés, mieux vaut éviter les profils créatifs ou disruptifs dans les services publics et les réserver aux médias et aux nouvelles technologies ». Mais voila déjà une affirmation qui pourrait déplaire à des recruteurs.
Réponse de le 05/02/2018 à 18:55 :
«  sans tombés dans les préjugés « 

Arrêtons les hypocrisies , merci.

Nous «  avons » tous «  nos » filtres » avec lesquels on se «  bat » tout les jours
Pour être une «  meilleure personne »

Sauf les «  c*** »
a écrit le 05/02/2018 à 10:58 :
Les dix prochaines années ça devenir «  vidéo gag pour tous & toutes »

Merci le web , grâce à qui la réalité augmentée ne sera plus à des millions d’annnees de lumières et grâce aux web les humains vont «  comprendre » le sens de dignité humaine & responsabilité humaine

Merci de tout cœur à celui qui a «  inventé «  ce catalyseur qui permet de se tirer «  des balles » dans les pieds


Mort de rire...
a écrit le 05/02/2018 à 9:40 :
C'est aux gens de faire attention, il est rare dorénavant avec internet de ne pas avoir le suivi d'un possédant ou d'un de ses serviteurs, il est donc logique que ceux-ci se servent de cet outil dans l'autre sens.

Parce qu'il faut bien le dire ce suivi de la carrière, avec plus ou moins d'objectivité selon la puissance du réseau mais informations principales à disposition, qui bien souvent nous permettent de relier ladite personne à un ou des réseaux quelconques, est une véritable bénédiction.

SI 62% des français savent que les politiciens gouvernent pour les riches je pense que les fiches de ces derniers éditées sur internet n'y sont pas pour rien. Donc nous disposons d'informations largement nécessaires à comprendre pourquoi le système est pitoyable donc nous n'avons pas à nous lâcher sur internet alors que nous savons parfaitement que nous nous y exposons aussi.

A un moment faut prendre ses responsabilités.
a écrit le 05/02/2018 à 9:26 :
comment fait l'employeur pour verifier si le postulant ne veut pas etre ami avec l'ami qui le demande en ami alors qu'il ne le connait de nulle part?
le pb n'est pas d'etre sur les reseaux, mais de faire n'importe quoi avec n'importe qui

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