Les réseaux sociaux, un outil stratégique pour les recruteurs (1/2)

 |   |  947  mots
Plus de huit Français sur dix sont inscrits sur un réseau social. D'où l'importance qu'on pris ces plateformes dans le recrutement.
Plus de huit Français sur dix sont inscrits sur un réseau social. D'où l'importance qu'on pris ces plateformes dans le recrutement. (Crédits : Photo by rawpixel.com on Unsplash)
À l’heure de la digitalisation, les entreprises ont tout intérêt à faire des réseaux sociaux leurs alliés. Utilisés par la plupart des candidats potentiels, LinkedIn, Twitter ou encore Facebook permettraient aux employeurs de dénicher la perle rare ; de développer leur image de marque et de faciliter les échanges internes à l’entreprise.

Une offre d'emploi ciblée par un hashtag sur Twitter, une recommandation via LinkedIn ou encore un groupe d'échanges sur Facebook... Les réseaux sociaux ont bouleversé la gestion des carrières. Tant pour les salariés et les chercheurs d'emploi que pour les entreprises, cette utilisation est devenue un réflexe. Dans ce monde digitalisé, les Ressources humaines doivent faire du numérique une force. On vous explique pourquoi, en quatre points.

 ■ Un sourcing efficace

Beaucoup l'ont d'ores et déjà compris par plusieurs aspects. Les sites « Jobboards » d'annonces en ligne, qui comptabilisent des milliers de visiteurs, représentent un puissant moyen de « sourcing ». Encore faut-il en respecter un modus operandi spécifique pour être sûr de toucher le maximum de candidats correspondants : géolocalisation du poste -premier argument pour un candidat, mots-clés, balises, titres facilitant un référencement Google notamment, premier moteur de recherche des candidats...

Pour les entreprises, le recueil d'informations via les réseaux sociaux représente un réflexe « 75% des actions de recrutement sont identifiées via LinkedIn », indique François Bouchery, directeur du pôle projet chez Umanis, entreprise de service numérique spécialisée en données et auteur de l'ebook « Mutation digitale des RH / Et le monde du travail ne sera plus jamais comme avant ».

« Tous les outils de recrutement dans les entreprises synchronisent aujourd'hui les données avec le réseau social professionnel. 'Googliser' un candidat, c'est plus qu'une norme désormais, c'est une consigne de l'entreprise. »

Quitte même à brouiller les frontières entre vie privée et vie professionnelle...

 ■ L'analyse des données pour le recrutement, une pratique encore peu utilisée

En parallèle, les réseaux sociaux représentent une avancée majeure pour un recrutement efficace, à l'heure où le temps pour trouver un nouveau collaborateur est de plus en plus en court. Grâce aux hashtags, aux retweets d'annonce ou encore à la visibilité de la marque, les réseaux sociaux sont porteurs de nombreux avantages. Les datas permettent aux entreprises de collecter, traiter et exploiter une masse considérable d'informations sur les salariés.  Une façon de trouver le profil adéquat ou d'identifier ceux à risque ; « d'anticiper les candidats susceptibles de partir et de réduire le turn-over », détaille l'e-book de François Bouchery. Mais c'est aussi un moyen de faire un tri rapide des candidats, en fonction des besoins de l'entreprise- un deep learning qui sécuriser les embauches. Une bonne nouvelle lorsque l'on sait que 13% des recrutements en CDI ne sont pas confirmés à l'issue de la période d'essai. Ce recrutement prédictif est une pratique qui doit encore convaincre cependant puisque seules 25% des entreprises se fient aujourd'hui à l'analyse de données pour trouver le bon candidat.

 ■ Les réseaux sociaux permettent de développer une image de marque

S'il est coutume de dire que l'e-réputation du candidat via les réseaux sociaux est très importante dans un processus de recrutement, l'image renvoyée par l'entreprise l'est tout autant. Pour celle-ci, être présente sur LinkedIn, Facebook ou Twitter ; répondre aux commentaires ; obtenir des recommandations de collaborateurs ; comptabiliser un certain nombre de « followers » - personnes suivant l'actualité d'une page- sont autant de faits qui participent à l'image de marque de l'entreprise.

« Les entreprises misent de plus en plus sur le partage de vidéos illustrant les retours d'expériences par exemple. Cela permet aux futurs collaborateurs de se projeter à travers des communications positives. On n'est plus dans la diffusion stricte des résultats comme auparavant. Les managers sont formés à tweeter avec les bons hashtags et sont d'ailleurs appelés à réaliser eux-mêmes les recrutements plutôt que les DRH », note François Bouchery.

 ■ Le réseau social d'entreprise, une notion encore floue

Comme leur nom l'indique, les réseaux sociaux sont avant tout un moyen de créer du lien social et c'est aussi sous cette forme que l'entreprise a tout intérêt à s'investir des outils numériques. Les géants du web et autres startups l'ont bien compris puisqu'ils sont de plus en plus nombreux à créer des réseaux sociaux d'entreprise. En 2015, Facebook mettait en ligne « Facebook at work », un réseau social réservé aux professionnels permettant des échanges entre collaborateurs de la même équipe, mais aussi, de manière plus large, de la même profession. Microsoft a également investi le concept avec Sharepoint et Yammer.

Lire aussi : Pourquoi les réseaux sociaux d'entreprise ne marchent pas

En France, la notion reste tout de même floue pour les entreprises, rappelle François Bouchery.

« Elles confondent réseau social d'entreprise avec site Intranet ou encore outil de gestion de communauté. On remarque du coup que la communication entre les individus d'une même entreprise passent souvent une démarche personnelle des salariés. »

Un salarié va par exemple créer un groupe Facebook regroupant ses collègues ou utiliser des messageries en ligne telles que Google Hangouts. Pourtant, les entreprises y trouveraient leur compte, remarque François Bouchery. « Par le biais de plateformes d'échanges, les entreprises pourraient utiliser les informations pour évaluer le climat social. Cerner l'ambiance interne pour permettre aux RH de mieux accompagner les collaborateurs. »

Et si de plus en plus les entreprises pensent à investir le numérique, l'une des grosses limites reste les moyens techniques et financiers des entreprises: seuls 14% des DRH estimaient en 2015 avoir les « capacités digitales suffisantes pour répondre aux enjeux professionnels actuels ». Un retard que l'on peut peut-être relativiser lorsque l'on sait que 80% des DRH affirment avoir lancé la digitalisation de certains de leurs processus. Le recrutement 2.0 n'a pas dit son dernier mot...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/02/2018 à 10:06 :
Les réseaux sociaux sont utilisés pour connaitre les faiblesses des candidats et les exploiter. L'objectif est la manipulation ciblée, car la manipulation de masse ne fonctionne plus. Le recrutement est conditionné aujourd'hui par l'adhésion à un réseau social qui collecte des données personnelles. Les données étant collectées et traitées à l'étranger, cela permet de contourner notre droit du travail et informatique national. Pour trouver un job, on nous incite (oblige?) à signer un pacte avec une société étrangère qui s'insinue dans notre intimité.
Réponse de le 02/02/2018 à 17:17 :
Déjà avant le numérique , les intrusions dans la vie des gens existaient ( les illicites )
Sauf que la c’est plus «  intense « 
Chaque application mémorise , quand il n’y a pas de micro
Chaque recherche que vous faites est directement lié vers des prestataires extérieurs

Ils suivent tout...
Mais quand on a rien à cacher
On s’en «  tape »
Moins on est connecté , plus on est heureux.
Réponse de le 03/02/2018 à 7:38 :
Quand on a rien à cacher ? Quand on voit le mal que peuvent faire les pirates avec seulement quelques informations, on imagine ce que cela peut donner pour des multinationales ou des pays avec des moyens illimités... Ce n'est pas parce que tu respecte la loi que tu n'as rien à cacher. Par exemple, beaucoup d'homosexuels se cachent car ils craignent des répercussions sur leur carrière, leur familles... Beaucoup de riches cachent leur fortune pour ne pas devenir des victimes de personnes envieuses. J'en ai connu un qui roulait tous les jours en 2 CV. Des personnes mariées veulent cacher qu'ils ont des relations extraconjugales, car cela aurait de graves conséquences pour leurs enfants. Il existe plein d'exemple ou on doit avoir un profil neutre pour éviter des conséquences néfastes, tout en respectant la loi.
Réponse de le 04/02/2018 à 19:09 :
La normalité est quand l’individu ne fait pas attention à ce que font les «  autres »

Conclusion : soyons tous «  normaux »
a écrit le 02/02/2018 à 9:52 :
ET pôle emploi alors ça compte pour du beurre ? Cette remarquable institution gangrénée par le détournement d'argent public via ses multiples services privés qui ne servent à rien n'est pas selon vous capable de juguler le chômage ?

Ben vous avez entièrement raison mieux vaut miser sur fb même si c'est loin d'être la panacée...
a écrit le 02/02/2018 à 8:35 :
La perle rare n’existe pas ni du côté des candidats ni du cotés des recruteurs.
Fouiner «  dans la vie des autres »
C’est de la pathologie.

Le recrutement devrait se faire sur des bases «  humaines » & « honnêtes «  sans piège

Car la vie est «  courte » et il y a «  trop de stress » pour gérer la pathologie des autres si les autres ne gèrent pas eux même .

Ensuite le «  respect «  c’est la «  base »
Mais c’est denrée «  rare » car quand vous avez des générations qui ont été éduquées dans la culture de la compétition et de l’ego.

Le respect passe par la «  résilience et la tolérance «  pour cela il faut faire taire l’ego et re- découvrir son «  moi » le vrai sans triche.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :