Formation : les salariés redoutent d'être dépassés par les mutations technologiques

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(Crédits : Reuters)
La place des technologies dans le monde du travail pourrait accélérer la transformation des métiers. Face à ces mutations, le Boston Consulting Group a réalisé, en partenariat avec Adecco, une étude mondiale qui indique une forte attente des travailleurs en matière de formation. Rien qu'en France, 65% des salariés français s'attendent à ce que les employeurs proposent des sessions de formation contre 59% en moyenne.

Quel sera l'avenir du monde du travail ? À Davos, l'économiste américain Erik Brynjolfsson, et le membre du conseil d'administration de la Deutshe Bank, Karl Van Rhor, ont été invités à débattre des mutations dans le monde professionnel ce jeudi 24 janvier. Face à toutes ces mutations numériques, les entreprises et les salariés sont confrontés à de multiples enjeux liés à la formation.

Pour mieux appréhender les défis des compétences en entreprises, le groupe Adecco et le Boston Consulting Group (BCG) ont réalisé une vaste enquête l'année dernière intitulée "Future-Proofing the workeforce" indiquant que deux tiers des personnes interrogées vont voir leur profession "changer significativement dans les cinq années à venir en raison des avancées technologiques."

Un manque d'évaluation

Les auteurs de l'étude ont ainsi interrogé 4.700 personnes des secteurs de la finance-assurance et de la grande distribution dans neuf pays (Chine, États-Unis, France, Inde, Italie, Japon, Singapour, Suisse et Royaume Uni) et mené des entretiens plus approfondis avec des entreprises et des institutions.

Les conclusions révèlent que "si la plupart des travailleurs sont généralement optimistes dans leur capacité à acquérir des nouvelles qualifications, les résultats montrent un manque systématique d'évaluation du niveau de connaissances entre les compétences actuelles des travailleurs et celles qui seront nécessaires pour le futur monde professionnel."

Tour d'horizon dans quelques pays.

La nécessaire mise en place de formation adaptée

En France, les salariés comptent beaucoup sur leurs employeurs. "Ils considèrent leurs entreprises comme responsables pour améliorer leurs compétences, leur demandent de  présenter des possibilités de formation et de mettre en place des sessions", souligne le document. Ils sont 65% à réclamer que les entreprises mettent en œuvre des séances de formation contre 59% à l'échelle mondiale.

Même si des outils spécifiques comme le compte personnel de formation (CPF) se mettent en place, l'argent demeure le principal frein pour l'acquisition des compétences pour 41% des travailleurs interrogés contre 24% au niveau mondial. D'après les résultats collectés, 26% des travailleurs français ne connaissent pas leur besoins en formation contre 16% au niveau mondial, "ce qui démontre le rôle crucial des entreprises et plus encore des services de ressources humaines dans l'accompagnement."

En Italie, la moitié des actifs estiment qu'ils sont responsables dans l'acquisition de nouvelles compétences et "par conséquent, en attendent encore plus de la part des entreprises". 52% des salariés de la péninsule ont acquis plus de compétences en numérique et en communication que la moyenne au niveau global (39%). En plus des obstacles liés au temps et au coût, les répondants mentionnent "un manque de formations disponibles," parmi les raisons qui les empêchent d'acquérir de nouvelles aptitudes. Ils sont 23% à signaler un tel déficit contre 11% de l'ensemble des pays interrogés.

Les Chinois, adeptes des formations en ligne

Aux États-Unis, les travailleurs sont moins concernés "par la perte de leurs postes en raison de transformations". Cependant, "ils semblent beaucoup plus proactifs dans la maîtrise de leurs compétences". Ils prennent beaucoup plus de responsabilités à la fois pour évaluer leurs manques et acquérir de nouvelles connaissances. Ils sont 78% à indiquer qu'ils sont eux-mêmes responsables de leurs besoins en formation contre 62% en moyenne.

Les Chinois apparaissent intéressés par l'acquisition de compétences numériques dans leurs réponses. D'après les chiffres présentés, ils sont 57% à signaler avoir acquis des connaissances en technologie contre 39% en moyenne. La proportion des travailleurs à utiliser des outils de formation en ligne est bien supérieure au reste de la population interrogée (15% contre 9%). La programmation des formations demeure un obstacle pour monter en grade pour les Chinois.

Lire aussi : Automatisation : l'emploi et les compétences au centre des inquiétudes

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Commentaires
a écrit le 09/05/2019 à 20:35 :
La formation en France est une blague , les comptes formation peuvent vous permettre légalement de faire 1 semaine de "vrai formation" au bout de 10 ans tout au plus ... Le parcours formation est décidé entre 18 et 20 ans en fonction de votre diplôme ... Ceux qui bénéficient de formation tout au long de leur carrière professionnelle , ce sont essentiellement les managers ou aspirant managers , voire quelques spécialistes utiles.... Les américains , de part le côut astronomique de leur études financées par eux mêmes ont une approche différente en cherchant dès le début de leur carrière à maximiser leur salaire quitte à changer d'employeur très rapidement et cela change tout dans les niveaux de revenu...
Je pense d'ailleurs, qu'une partie du côut de la formation des jeunes devraient être remboursé à l'état par l'employeur étant donné qu'il profite d'un savoir faire financé par la collectivité ... Je pense surtout au montant effarant des études de certaines grandes écoles qui dépassent les 50Ke / tête alors qu'elles sont financées par le contribuable ... et je ne parle même pas de la rémunération que touchent certains de ces étudiants , comble de l'histoire, pour étudier ...
a écrit le 25/01/2019 à 13:46 :
Et pendant ce temps on nous repasse des stages de formation avec de "vrais spécialistes" en communication, des "Maitres praticiens" en Programmation Neuro Linguistique, les synergologues qui décodent le non verbal, les sophrologues "agréés" pour améliorer les performances des salariés et la communication en entreprise.

Voir le site du Pôle emploi et les formations proposées aux chômeurs: 206 formations en PNL, 467 formations en sophrologie, 4 formations en synergologie, 822 formations pour devenir "coach".

La PNL est pourtant défavorablement signalée par la MIVILUDES…depuis des années et des années...
Réponse de le 25/01/2019 à 19:47 :
Au dernière nouvelle :

La Sophrologie ( formation ) n’est pas prise en charge par Pôle Emploi et n’est pas remboursé par la sécurité sociale et non reconnu par l’Ordre des Médecins, la Sophrologie a 50 ans d’ existence.

Évidemment je ne parle pas des «  formations bidons de 6 à 7 mois »

Je parle des formations qualifiantes avec un cursus de plus de trois ans et plus ouvert aux métiers paramédicaux.
a écrit le 25/01/2019 à 8:41 :
Il y'a une prétention française " tout le monde ici se prend pour un personnage " disait déjà La Fontaine qui explique que chacun se persuadant de posséder tous les talents , les Français toujours avisés estiment que la formation professionnelle c'est bon pour les autres.
a écrit le 24/01/2019 à 19:40 :
Si le paramètre de compétitivité baisse , ça va augmenter l’apprentissage car les formations ( bourrage de crâne sur un contexte de stress) lamine les travailleurs.

Le plus simple est une formation sur le terrain en mettant pour chaque action = un protocole d’action à suivre à la lettre et la répétition améliorera la qualité et par la suite la vitesse jusqu’à la synchronisation.
La modernisation va pousser tous les travailleurs à une évolution certaine pour la maîtrise technologique .
a écrit le 24/01/2019 à 19:38 :
J'ai repris contact avec des gens de mon ancienne entreprise quittée il y a 10 ans pour la retraite, c'est encore et toujours une gestion à la Française: on fait la chasse aux 56, 58 ans et plus pour manque de connaissances, la technologie évoluant plus vite qu'eux, j'y ai échappé car je sortais de 18 ans d'"interimariat", à 70 balais je ne suis toujours pas rouillé, ça me pose un problème; quand la formation est continue, toujours reprise au lieu de chercher ailleurs, un mec de 58 balais fera mieux qu'un jeune diplômé.
Je pense que mes anciens potes, que j'ai essayé de former comme j'ai pu, j'ai pas eu la chance de passer cadre pour le faire, devraient porter plainte aux prudhommes et au pénal contre l'entreprise pour la non formation continue qui leur aurait permis d'être intégrés comme les autres dans son évolution et produit des dégats dans leur vie sociale familiale et professionnelle.
a écrit le 24/01/2019 à 18:44 :
" une étude mondiale qui indique une forte attente des travailleurs en matière de formation. Rien qu'en France, 65% des salariés français s'attendent à ce que les employeurs proposent des sessions de formation "

Il faut que la formation aboutisse un moment à un caractère promotionnel et pécuniaire pour le salarié ,car si c'est juste pour en remplacer un autre au coefficient et salaire supérieur parti en PSE ou retraite juste pour baisser les coûts ,la formation ne durera pas longtemps.
a écrit le 24/01/2019 à 18:33 :
"En France, les salariés comptent beaucoup sur leurs employeurs".

Par contre, l'inverse n'est pas certain
a écrit le 24/01/2019 à 17:29 :
C'est un gros challenge qui devrait être la priorité du gouvernement, des régions, des syndicats, de l'enseignement, des entreprises, etc.
Une cause nationale ?
Un gros dossier pour ne pas rater cette transition (startups, IoT, IA, véh.. autonomes, drones, robots, exosquelettes, biotechs, fabrication additive, cyber, etc. ) qui s'annonce costaude !
22 branches industrielles unissent leur force sur la formation
https://www.usinenouvelle.com/editorial/22-branches-industrielles-unissent-leur-force-sur-la-formation.N797270
a écrit le 24/01/2019 à 11:31 :
d'ou le plan du gouvernement d'investissement dans les compétences, avec pas moins de 15 milliards d'Euros.
a écrit le 24/01/2019 à 9:06 :
Le budget de la formation est énorme mais à l'européenne, à savoir opaque, dont on ne sait pas à qui il profite, enfin si on se doute bien mais du coup pas à l'économie réelle devrait être gérer par une autogestion de salariés.

Mais nous sommes en plein déclin oligarchique européen dans lequel les mégas riches piquent l'argent public par grosses poignées.
Réponse de le 24/01/2019 à 13:07 :
Comme d hab votre commentaires est réducteur :
Les fonds ne sont pas géré par la commission européenne ou tout autre «  riches » mais par les états ou organisations professionnelles
En France ce sont les syndicats et le
patronat qui gèrent les fonds ( jusque à l appli de la loi formation)
Pendant longtemps les principauxx bénéficiaires étaient les cadres et cadres sup ... en espérant un vrai changement de tropisme et un ciblage des travailleurs ayant le plus besoin... ( chômeurs, reclassement travailleurs handicapés etc...)

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Réponse de le 25/01/2019 à 10:11 :
"En France ce sont les syndicats et le
patronat qui gèrent les fonds"

Oui voilà, des organismes aux modes de fonctionnement particulièrement flous donc.

Merci de venir me dire que j'ai raison mais d'une autre façon.

"Comme d hab votre commentaires est réducteur"

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