Formation : les salariés redoutent d'être dépassés par les mutations technologiques

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Quel sera l'avenir du monde du travail ? À Davos, l'économiste américain Erik Brynjolfsson, et le membre du conseil d'administration de la Deutshe Bank, Karl Van Rhor, ont été invités à débattre des mutations dans le monde professionnel ce jeudi 24 janvier. Face à toutes ces mutations numériques, les entreprises et les salariés sont confrontés à de multiples enjeux liés à la formation.
Pour mieux appréhender les défis des compétences en entreprises, le groupe Adecco et le Boston Consulting Group (BCG) ont réalisé une vaste enquête l'année dernière intitulée "Future-Proofing the workeforce" indiquant que deux tiers des personnes interrogées vont voir leur profession "changer significativement dans les cinq années à venir en raison des avancées technologiques."
Les auteurs de l'étude ont ainsi interrogé 4.700 personnes des secteurs de la finance-assurance et de la grande distribution dans neuf pays (Chine, États-Unis, France, Inde, Italie, Japon, Singapour, Suisse et Royaume Uni) et mené des entretiens plus approfondis avec des entreprises et des institutions.
Tour d'horizon dans quelques pays.
En France, les salariés comptent beaucoup sur leurs employeurs. "Ils considèrent leurs entreprises comme responsables pour améliorer leurs compétences, leur demandent de présenter des possibilités de formation et de mettre en place des sessions", souligne le document. Ils sont 65% à réclamer que les entreprises mettent en œuvre des séances de formation contre 59% à l'échelle mondiale.
Même si des outils spécifiques comme le compte personnel de formation (CPF) se mettent en place, l'argent demeure le principal frein pour l'acquisition des compétences pour 41% des travailleurs interrogés contre 24% au niveau mondial. D'après les résultats collectés, 26% des travailleurs français ne connaissent pas leur besoins en formation contre 16% au niveau mondial, "ce qui démontre le rôle crucial des entreprises et plus encore des services de ressources humaines dans l'accompagnement."
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En Italie, la moitié des actifs estiment qu'ils sont responsables dans l'acquisition de nouvelles compétences et "par conséquent, en attendent encore plus de la part des entreprises". 52% des salariés de la péninsule ont acquis plus de compétences en numérique et en communication que la moyenne au niveau global (39%). En plus des obstacles liés au temps et au coût, les répondants mentionnent "un manque de formations disponibles," parmi les raisons qui les empêchent d'acquérir de nouvelles aptitudes. Ils sont 23% à signaler un tel déficit contre 11% de l'ensemble des pays interrogés.
Aux États-Unis, les travailleurs sont moins concernés "par la perte de leurs postes en raison de transformations". Cependant, "ils semblent beaucoup plus proactifs dans la maîtrise de leurs compétences". Ils prennent beaucoup plus de responsabilités à la fois pour évaluer leurs manques et acquérir de nouvelles connaissances. Ils sont 78% à indiquer qu'ils sont eux-mêmes responsables de leurs besoins en formation contre 62% en moyenne.
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Les Chinois apparaissent intéressés par l'acquisition de compétences numériques dans leurs réponses. D'après les chiffres présentés, ils sont 57% à signaler avoir acquis des connaissances en technologie contre 39% en moyenne. La proportion des travailleurs à utiliser des outils de formation en ligne est bien supérieure au reste de la population interrogée (15% contre 9%). La programmation des formations demeure un obstacle pour monter en grade pour les Chinois.
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